Ibid., VI
4. Ibid., IX, 38 (L. à Mylord Roxborough, pair a" Ecosse, sept. 1703) ; lbid., 51-61 (Fruits de la campagne de l'an 1703). Cf. Ibid., 66-67.
de la religion protestante, qui reste seule à représenter ces deux principes de rédemption. Il se plaint, dans son « Mars très chrétien », de l'assoupissement où l'Allemagne est tombée. « Qu'est-ce que la liberté germanique, dit-il avec ironie, sinon une licence de grenouilles, qui criaillent et sautent çà et là, auxquelles il faut une cigogne, puisque cette pièce de bois flottant qui faisait lant de bruit en tombant, ne leur est plus formidable 1 ?» En 1698, il fait remarquer à M110 Scudéry que les guerres de Louis XIV peuvent bien « faire connaître sa grandeur et sa prudence » ; mais qu'il ne sçaurait les « louer en elles-mêmes », « ny comme Allemand, ny comme citoyen de l'univers2 ». Le 3 décembre 1703, il presse FÉlectrice Sophie d'user de toute son influence; car « le danger pour la liberté publique, pour la patrie, pour la religion estant extrême, il n'y a plus rien à ménager3 ». Et nous ne citons ici que quelques-uns des nombreux passages où Leibniz exhale l'antipathie et les craintes que lui inspire l'humeur belliqueuse du « grand roy ».
Ce n'est pas que son patriotisme soit entaché de chauvinisme, comme certaines préfaces de l'édition de Klopp pourraient le faire croire. Entendre ainsi la pensée de Leibniz, c'est la rabaisser. Leibniz aime son pays ; mais par delà son pays, il voit le bien de la chrétienté; et par delà le bien de la chrétienté, celui de l'humanisé tout entière. 11 est d'abord « un citoyen du ciel », un membre de la « cité de Dieu ».
« Mes controverses avec Polisson et l'évêque de Meaux, dit Leibniz lui-même, suffiraient à faire une série de volumes. » Il lui faut, en même temps, « travailler à l'histoire des Brunsvic », disserter sur « les droits et gestes de nos princes », assister à diverses assemblées politiques. C'est une nécessité du milieu. Mais surtout, et par une suite naturelle de son accroissement d'influence, il a une correspondance