Gerh., Math., VIII, 20 (L. à Wolf, 21 févr
accoutumer au bien, et pour nous rendre la vertu familière... il en est autant des formulaires de croyance; ils seraient passables, s'il n'y avait rien qui ne fût conforme à la vérité salutaire, quand même toute la vérité dont il s'agit n'y serait pas. Mais il n'arrive que trop souvent, que la dévotion est étouffée par des façons, et que la lumière divine est obscurcie par les opinions humaines1. »
Aussi ai-je « trouvé ordinairement que les personnes qui voulaient passer pour les plus pieuses n'étaient que glace, quand il s'agissait véritablement de faire bien..., comme si Dieu se gagnait par les cérémonies »2.
Il en est d'autres qui n'hésitent pas à pratiquer la calomnie, à nouer des intrigues, à provoquer ou soutenir des querelles venimeuses pour défendre ce qu'ils appellent la gloire de Dieu, lorsqu'il ne s'agit en réalité que de faire triompher leurs propres opinions. Ou voit sans peine que a l'humeur sectaire » de ces prétendus douaniers de l'orthodoxie n'a rien à voir avec la véritable piété ; c'est tout simplement la manifestation tenace d'un orgueil colossal et souverainement funeste à la paix des enfants de Dieu3.
D'aucuns se sont engagés dans une voie plus radicalement fausse encore. « Persuadés que rien ne se fait sans la volonté et sans la puissance de Dieu, [ils] luy attribuent des intentions et des actions si indignes du plus grand et du meilleur de tous les estres, qu'on dirait que ces auteurs ont renoncé en effect au dogme qui reconnoist la justice et la bonté de Dieu. Ils ont crû qu'estant souverain Maistre de l'univers, il pourrait sans aucun préjudice de sa sainteté faire commettre des péchés, seulement parce que cela luy plaist, ou pour avoir le plaisir de punir; et même qu'il pourroit prendre plaisir à affliger éternellement des innocens, sans faire aucune injustice, parce que personne n'a droit ou pouvoir de controller ses actions4. »
On ne finirait pas, si l'on voulait épuiser la série de défor-