Klopp, V
■2. I bld., VI, 180 3. Klopp, IX, 53.
écrasante : savants, philosophes, théologiens et controversistes, Pontifes et chefs d'État, tout le monde, semble-t-il, s'accorde à lui disputer son temps « Je crois, écrit-il un jour à L'Hospital, d'avoir plus de 30 lettres qui attendent réponse où il faut tousjours quelque autre chose que des complimens2. »
Quel terrible ensemble de « distractions » ! L'Hospital en exprime ses regrets. « Il y a longtemps, dit-il, que je sçais que vous êtes universel, la théologie, l'histoire, les droits des princes, la recherche des mines, etc. sont votre occupation ordinaire et à peine avez-vous quelques momens pour les employer aux mathématiques et à la physique; cependant les grandes découvertes que vous y avez faites et que vous y faites encore tous les jours font assez connoistre de quoi vous êtes capable en ce genre, et on ne sauroit trop se plaindre de ce que vous avez si peu de loisir à y penser3. » Queste canzonipolitiche ! s'écrie de son côté l'austère Hugens ; « Je souffre mesme avec peine qu'un esprit comme le vostre y emploie du temps4. »
Et ces remarques ontsans doute leur raison d'être. Comme Toberve Bossuet lui-même, Leibniz remuait trop de choses. Mais de telles plaintes montrent aussi que leur auteur ne connaissait à fond ni l'ampleur du génie de Leibniz ni sa merveilleuse puissance de travail.
Tout en faisant face à tant de besognes diverses et complexes, Leibniz trouve encore le temps de pousser une infinité d'autres questions. Il médite sur « l'analyse du site » ; il s'occupe de physique, de chimie et de médecine; la métaphysique reste un domaine de faveur, où sa pensée continue à s'exercer et se traduit sans cesse par quelques « fulgurations » nouvelles. La « caractéristique » elle-même n'est pas oubliée. Bien plus, on peut dire qu'il l'a toujours en perspective5. C'est que le grand dessein de 1666 garde toujours le même
1. Gerii., Math., m, 347 [L. à Joli. Bernoulli, 28 déc. 1896).