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Ibid

Tel est le point où se trouvait Leibniz en matière de mystique, lorsque, entre Bossuet et Fénelon, s'éleva la polémique que l'on sait et qui remua la chrétienté tout entière.

Leibniz se met aux aguets et suit d'un regard attentif les péripéties de la lutte.

Il regrette que ce litige se soit produit; car, à son sens, de pareils débats peuvent « servir à l'oppression des innocens et éloigner les âmes de la plus pure Théologie des vrais mystiques ». « Si l'on n'avait rien dit, la chose en serait demeurée là » ; et l'erreur, si toutefois il y a quelque chose de tel, se serait moins répandue : la réfutation est une arme dont il faut se servir le moins possible1. Leibniz craint en même temps que l'archevêque de Cambrai n'ait à souffrir de l'agitation qui se fait autour de son livre. « Je me défie tousjours un peu du torrent populaire. Et toutes les fois que j'entends crier : Crucifige, je me doute de quelque supercherie 2. » D'autre part, il apprécie en termes fort justes les principaux champions de la lutte. « Je suis prévenu pour deux choses : Tune est l'exactitude de M. de Meaux, l'autre est l'innocence de M. de Cambray. » Quant à Mme Guyon, elle lui apparaît comme « une sotte » et « une orgueilleuse » visionnaire, et « on ne doit point confondre sa cause avec celle de M. de Cambray, quoyque ce prélat ait esté trompé par son air de spiritualité ». Il faut croire que cette distinction sera faite et souhaiter que l'affaire ne tourne pas au triomphe des « satyres » qui mettent leur plaisir à « déchirer un homme dont la méchanceté n'est pas bien avérée, ny même vraisemblable »3.

Mais ce qui préoccupe surtout Leibniz, c'est le point central de la controverse. Il lui semble que Ton discute sur une

1. Gerh., Phil., H, 573-574, 576 (L. à Nicaise, après le 19 août 1697).

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