‹ LeibnizChapitre 259 sur 310 · Ibid., 340 (La doctr. de S' Jean · texte numérisé non relu

Ibid., 340 (La doctr. de S' Jean

mysticisme. Aussi Leibniz trouve-t-il « qu'il y a quelque chose dans les mystiques qui peut recevoir un bon sens » 1 et qu'il ne faut pas s'en prendre à « la partie solide » de leur théologie 2. Il veut bien « qu'on s'attache à corriger [leurs] abus » ; mais il regretterait « qu'on perdit la bonne graine avec la paille » 3. Il « approuve même qu'il y ait des personnes qui prennent des biais extraordinaires pour tirer les autres de leur assoupissement. C'est pour cela qu'il leur faut pardonner certaines pratiques affectées et qui paraissent bizarres. Le monde est adonné à la bagatelle. On ne pense point à ce qui fait la véritable félicité4 ».

On n'aurait encore qu'une idée incomplète de la question, si l'on ne se reportait au temps où Leibniz a vécu. Le xvne siècle! Mais on s'y mouvait dans une atmosphère de mysticisme. Pascal, Malebranche, Fénelon, le cardinal de Bérulle, le P. Gondren, M. Olier : autant de noms qui représentent à des degrés divers et sous des formes différentes cette conception de la vie des âmes. On en trouve même des traces dans la philosophie de Spinoza et jusque dans les lettres de Descartes sur l'amour de Dieu5. Le xvne siècle avait l'ivresse de l'Infini. Comment Leibniz pouvait-il rester indifférent à cette mentalité partout si vivace de son siècle, lui qui suivait avec avidité les moindres manifestations de l'âme humaine?

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