Le sous-titre était Spécimen certitudinis in jure
la simplicité de structure, la suite logique et la lumière qui manquent encore1.
En 1666, refusé à Leipzig pour sa thèse de « doctorat en deux droits », Leibniz s'en va, sur la lin de la même année, prendre sa revanche devant l'Université d'Altorf. Il présente une étude intitulée De casibus perplexis et soutient que, même pour les cas douteux, l'on doit toujours donner une réponse; mais que, au lieu de la chercher dans l'urne ou l'impression dominante du président, il faut interroger le droit naturel et le droit populaire jusqu'à ce qu'on Tait logiquement découverte2. Le fait, pense Leibniz, a son principe quelque part dans le monde des idées : on n'a qu'à le chercher, et l'on trouvera par là même la solution qui convient3.
Après cette soutenance, Leibniz ne retourne pas à Leipzig. C'est pour toujours qu'il a quitté sa ville natale, un peu par dépit, mais surtout parce qu'il ne veut point passer sa vie, « fixé comme un clou à une porte » ; il va s'établir à Nurnberg. Dans cette ville, il rencontre le Baron de Boinebourg, ancien ministre du grand Électeur de Mayence, qui ne tarde pas à remarquer le talent de ce jeune homme et l'adopte comme secrétaire. Et de là, pour Leibniz, un nouveau théâtre d'action où sa vie sera mêlée à toutes les affaires politiques et religieuses de son époque.
Le Baron de Boinebourg lui donne, entre autres conseils, celui de reprendre un ensemble de notes qu'il a écrites depuis 1665 sur La méthode d'apprendre et d'enseigner la jurisprudence^, de les compléter et de publier le tout avec une dédicace à l'Électeur de Mayence, Jean-Philippe de Schônborn. L'ouvrage parut à Francfort en 1667 5 et lui ouvrit les portes de la cour.
Quelques points sont à noter dans ce travail. D'abord,