Gùjui., I, 40-42; — F. Car., b
3. Gerh., Math., V, 36-39 {De arte combin., 1666, présenté devant l'Université de Leipzig quelques mois auparavant). Leibniz démontre dans ce traité comment le droit peut, comme la géométrie, se réduire à quelques idées simples d'où viennent rigoureusement toutes les autres.
4. V. sur ce point Gerh., Phil., VII, 504 {L. à Bierling, 16 mars 1712).
5. Gùrii., I, 48-49; Cf. Gerh., Math., XII, 61 [L. à Jac. Bern., 15 mars 1697).
LA CITÉ DE DIEU
Leibniz se déclare déjà contre les « idées claires et distinctes » de Descartes et, sous l'influence de Pascal1, ramène toute l'analytique à deux règles : définir et démontrer2. De plus, Leibniz connaît déjà « les trois degrés de droit naturel » que Ton trouve en 1693 dans la préface de son Codex diplomaticiis : « Jus strictum, œquitas, pietas », et qui ont pour définitions les formules suivantes : « Neminem laedere ; Suum cuique tribuere; Honeste vivere3. » Mais il faut remarquer surtout la liste de desiderata qui termine l'ouvrage et qui rappelle le De augmentis scientiarum de Bacon. Faire un nouveau corpus juris ; composer une histoire des variations du droit, une philologie du droit, une arithmétique du droit; donner une traduction du droit; dégager et démontrer les éléments du droit naturel : telles sont les parties principales de la tâche qui s'impose à l'avenir4.
Le programme est vaste, comme on le voit; et Leibniz y travaille depuis deux ans déjà5, bien qu'il n'en ait pas vu dès le premier moment toute l'ampleur et la complexité. De plus, maintenant que les événements le permettent, c'est avec une nouvelle ardeur qu'il pousse son œuvre en avant.
Quelque temps après l'apparition de la Méthode, l'Électeur de Mayence, qui a pris Leibniz en estime, lui confie le soin de moderniser le Droit romain au contact du Droit allemand et lui donne, pour collaborateur dans cette entreprise, le Dr André Lasser, l'un de ses conseillers auliques. De cet effort à deux résulte, au bout de quelques mois, le travail qui s'intitule Ratio corporis juris reconcinnandi6.
En 1669, Leibniz intervient à propos de l'élection du roi de Pologne. Sous le couvert d'un pseudonyme, il publie eun
1. Leib. connaissait le fragment De l'Esprit géométrique. V. sur ce point Cout., Op., 181, 220 (noie 3).