‹ LeibnizChapitre 263 sur 310 · Guhr., I · texte numérisé non relu

Guhr., I

5. F. Car., b, 187-188 {L. à Hobbes, 13/22 jul. 1670) : « Cùm primùm in jurisprudentià pedem posui, jam a quadriennio circiter consilia cogitavi, quà ratione paucissimis verbis... elementa Juris ejus quod romano corpore continetur, condi possint, ex quibus deinde liceat leges ejus universas velut demonstrare. »

6. Klopp, I, 34-36 (L. à Lambec, fin 1668); Ibid., I, p. xxii (L. de Boineburg à Conring, avril 1670); Gerh., Phil., I, 161-162 (L. à Conring, 1670); Ibid., 73 {L. à Arnauld,i&ll); Gùuh., I, 52-53.

brochure où il traite la question parle calcul des probabilités et montre ainsi comment les sciences morales peuvent revêtir une forme mathématique1 : idée très importante dans la logique de Leibniz, qui doit être une sorte « d'algèbre universelle ».

Mais cette escarmouche dans le domaine de la politique n'arrache pas Leibniz à ses travaux sur le droit. Il poursuit, en même temps, cette amélioration du Code romain dont il s'agit déjà dans le Corpus juris reconcinnandi et que cet essai n'a donnée qu'en partie ; il s'efforce de réduire ce code luimême à quelques idées simples d'où tout le reste se puisse déduire ; et, parce que ce recueil de lois lui apparaît, dans ses grandes lignes, comme un chef-d'œuvre de sagesse et de pénétration, il s'en aide pour réaliser une tâche plus haute et plus générale, qui consisterait à fournir « les éléments du droit naturel »2.

A partir de 1672, le voyage de Paris vient suspendre ou du moins ralentir la suite de ces travaux. Mais Leibniz ne les perd pas entièrement de vue ; et il s'en occupe dans la mesure où « ses distractions » lui en laissent le loisir. G'estce que nous indiquent assez nettement les Mittheilungen de G. Mollat et la définition de la justice publiée par Trendelenbourg. On trouve aussi d'autres preuves de la même préoccupation. En 1693, il publie son Code diplomatique; et, dans la préface de ce recueil, il expose ses principes de droit naturel3. Le

1. Spécimen demonstralionum politicarum pro eligendo rege Poloniœ. V. Dut., IV, 522-630; Gûrh., 1, 63; Cout., Log., 562-564.

2. Gerh., Phil., I, 161-162 (L. à Conring, 1670); Ibid., 73 (L. à Arnauld,fm 1671) ; Ibid., 60 (L. à Jean Frédéric, 1671-1672).

3. Gerh., Math., IV , 162-163 {Hugens à Leibniz, 17 sept. 1693); Ibid., 167 (L. à Hugens, oct. 1693); Ibid., Phil., 11,542 (L. à Nicaise, 1/15 may 1693) : Le codex aura trois vol. ; le premier, qui est publié, va jusqu'à 1500; le second comprendra le siècle supérieur et le troisième, « le nostre » ; — Ibid., III, 93-94 (L. à Basnage, 1693?); Ibid., 97-98 (L. au même, 4 juil. 1693); Ibid., 99 (L. au même, oct. 1693); Ibid., Math., II, 199-200 (L. à Hugens, 1/14 sept. 1694) ; Ibid., Phil., Il, 551 (L. à Nicaise, 1/11 oct. 1694) : continuation du Codex; Ibid., III, 125 (L. à Basnage, 6 avril 1696); Ibid., II, 560 {L. à Nicaise, 14/24 sept.

1696) : concurrence du recueil de Léonard; Ibid., Math., 111, 347 (L. à Joh. Bern., 28déc. 1696) ; Ibid., Phil., II, 564-565 (L. à Nicaise, 15 févr. 1697); Ibid.t Math., III, 61 (L. à Jac. Bern., 15 mars 1697); Ibid., 434 (L.àJoh. Bern., 2 juil.

1697) ; Ibid., Phil., II, 589 {L. à Nicaise, 16 juin 1699); Ibid., III, 267 (L. à Burnett, 1700) : continuation du Codex; Ibid., Il {L. à Bayle, vers 1702) :

LA CITÉ DE DIEU

28 décembre J 696, il écrit à Joh. Bernoulli que la surcharge de sa correspondance et de ses travaux personnels ne l'empêche pas de « penser à ses études d'autrefois et d'ajouter de nouvelles définitions « aux éléments du droit perpétuel1 » . En 1712, il songe à donner une nouvelle édition de sa « Méthode nouvelle... » et demande des renseignements afin de mettre au point ce travail de sa jeunesse2. Il n'a pas oublié non plus l'idée d'améliorer le Droit romain à la lumière des lois nationales : dans une lettre à Kestner de 1716, il exprime encore son très vif désir de voir sortir de cette comparaison « un code bref, clair, suffisant, qui soit fait par autorité publique »3.

Deux idées générales dominent cet ensemble d'études.

Premièrement, Leibniz comprend la jurisprudence comme une science purement rationnelle, où l'expérience n'a rien à voir, qui n'est, à l'instar de la géométrie elle-même, qu'un tissu de définitions. A son gré, la jurisprudence a pour point de départ des concepts éternels. Qu'il existe ou non des êtres qui leur correspondent, ces concepts n'en sont pas moins immuables. Il n'y a donc qu'à développer leur contenu; il n'y a qu'à les déduire4.

En second lieu, ces déductions peuvent se traduire en termes mathématiques, comme le montre le Spécimen de démonstrations politiques ; et c'est là le type d'expression auquel il faut viser. La jurisprudence ne sera parfaite que lorsqu'elle sera devenue un département de la « caractéristique universelle5 ».

A quoi se résume la doctrine qui se dégage de cette série

idem; lbid., 383-384 (L. à Coste, 4 jul. 1706); Ibid., 386-389 : partie de Ja préface du Codex qui contient la théorie du droit naturel; — Cf., pour cette préface, Erd., 118.

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