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Klopp, VI

LA CITÉ DE DIEU

d'immoralité1. Il dirait volontiers comme Platon dans ses Lois : « Qu'il n'y ait pas de pauvres parmi nous. »

A ce cortège de droits se rattache naturellement une série parallèle de devoirs : car le premier de ces deux termes ne va pas sans l'autre; il l'exige essentiellement.

Par suite, il ne suffit pas de « ne point faire de mal à autrui ». « Neminem lœdere », c'est « le précepte du droit qui s'appelle Jus strictum ». Mais il faut tenir compte aussi de « l'équité ou égali'c » « qui veut qu'on fasse du bien », dont le précepte consiste à traiter les autres comme on voudrait se voir traité soi-même. C'est la règle de notre Seigneur »; c'est aussi « celle de la raison ». « Mettez-vous à la place d'autrui, et vous serez dans le vrai point de vue, pour juger ce qui est juste ou non2. »

Mais ces devoirs qui se fondent simplement sur l'équité naturelle et qui par là même ne donnent pas à l'intéressé le droit d'actionner le délinquant, ces devoirs, au sens large du mot, sont généralement trop négligés ou trop mal compris pour donner le résultat social qu'ils pourraient produire. Vu l'égoïsme ou l'inintelligence des individus, il est plus conforme au bien que l'État intervienne, dans une certaine mesure, et pour promouvoir et pour discipliner la charité. Il serait désirable, par exemple, que l'on créât pour tous les citoyens des caisses d'assurances dont 1 État aurait l'administration3 . On pourrait souhaiter aussi l'existence de certaines lois qui obligeraient les citoyens à pourvoir, dans de sages proportions, aux besoins de leurs semblables. Transformer en justice une partie de la charité, n'est-ce pas l'unique moyen de remédier à l'insuffisance pratique de l'altruisme4?

u L'état de nature » dont parle Hobbes est donc une pure fiction et qui n'a de valeur que comme « méthode d'enseignement ». « L'état de nature » n'a jamais existé. Les

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