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Pensées, art. XX, p. 303, éd. Havet, Paris

conférée aux représentants de son œuvre. C'est donc ce point qu'il faut définir, si Ton veut retourner à l'unité primitive. Et voici l'idée qu'en a donnée Leibniz : elle n'est pas seulement instructive, parce qu'elle nous révèle un aspect, et des plus distinctifs de son génie, mais aussi parce qu'elle représente en même temps les tendances fondamentales de ses coreligionnaires. OEuvre d'une diplomatie habile, cette conception n'en contient pas moins la « pensée de derrière » du philosophe lui-même et n'est que l'une des conséquences de son rationalisme déjà bien connu, d'après lequel rien ne saurait prévaloir contre la raison.

Il y a deux sortes d'église : l'une invisible, l'autre visible au contraire; l'une qui n'est que l'union des âmes dans la croyance au Christ, l'autre qui revêt une forme extérieure, qui reconnaît des évêques et dont le chef suprême est à Rome.

La première comprend tous « les hommes de bonne volonté ». Elle n'a qu'un dogme, qui est d'aimer Dieu pardessus toutes choses et par conséquent de préférer la vérité à tout le reste. « La communion vraye et essentielle, qui fait que nous sommes du corps de Jésus-Christ, est la charité1. » Aimez et faites ce que vous voudrez2. N'est-ce pas ainsi qu'ont pensé la plupart des Pères de l'Église et la majorité des théologiens? Et quand donc les conciles euxmêmes ont-ils condamné cette opinion3?

De là deux conclusions capitales. Premièrement, « l'essence de la catholicité n'est pas de communier extérieurement avec Rome4 ». Secondement, on est obligé « de faire des efforts pour être dans l'union ecclésiastique » ; agir autrement, ce serait manquer à l'amour souverain que l'on doit à Dieu, ce serait pécher contre le dogme essentiel5. Mais

t. Klopp, VIT, 119 (L. à Mad. de Brinon, 16 juiL 1691).

2. Baruzi, Leib., 200-201 (L. ait Landgrave de Hessen- Rhein fels, janv. 1684);

— Klopp, VII, 91, 93 (Remarques de Leib. sur les réflexions... de Pellisson); — Gerh., Math., Il, 146-147 (L. à Hugens, 16/26 sept. 1692) ; — Baruzi, Leib., 184 (L. à Reuschenberg, 1702).

3. Klopp, VII, 91, 93 (Remarques de Leib. sur les réflexions de Pellisson) ;

— Erd., 405b, 406a (N. Essais).

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