Klopp, VII, 23 (Des méthodes de réunion
2. Bar., Leib., 184 (L. au Landgrave de Hesse, 1684-1685); Ibid. (L. à Reuschenberg, 27 sept. 1702); — Gerh., Phil., II, 338 (L. au Père des Bosses, 21 juill. 1707).
3. Bar., Leib., 200-201 [L. au Landgrave de Hesse..., janvier 1684); Ibid., 187 (L. à Reuschenberg, 27 sept. 1702); Ibid., 205 (L'union des Églises protestantes) ; — Gerh., Phil., II, 329-339 (Corresp. de Leib. et du P. des Bosses, 1707); — Gurh., I, 341-346.
4. Bar., Leib., 201 (L. au Landgrave de Hesse, janv. 1684); — Gerh., Phil, II, 328 (Corresp. de Leib. et du P. des Bosses, 1707).
Mais alors qui donc jugera des limites dans lesquelles les conciles œcuméniques doivent opérer pour garder leur privilège d'infaillibilité ? La règle à suivre est que la véritable Église n'innove rien et que sa doctrine doit être dans toute la suite des siècles ce qu'elle a été dans le christianisme primitif. Et c'est par l'étude des origines, par l'histoire des dogmes et la critique des textes qu'on se rend compte si cette règle essentielle a été bien observée. L'examen personnel était déjà le moyen de savoir si tel concile est œcuménique ou non ; c'est aussi pour Leibniz le moyen de déterminer la zone doctrinale où doit se mouvoir nn concile œcuménique1.
Telle est l'idée de l'Église que soutient Leibniz, et c'est également celle sur laquelle les protestants ont fini par s'entendre. Bossuet intervient à quatre reprises pour la combattre, en 1679, en 1683, en 1691-1695, et en 1699; et voici la thèse qu'il oppose à son adversaire. Elle est ferme, nette et se maintient d'un bout à l'autre de la lutte sans présenter aucun changement de fond.
Il faut « laisser en son entier le grand principe de l'infaillibilité de l'Église ». Autrement, il ne reste plus de fondement solide nulle part; il n'en reste pas même « pour pouvoir establir une réunion2 ».
La vraie marque de l'œcuménicité d'un concile, « c'est que tout le corps de l'épiscopat, et toute la société qui fait profession d'en recevoir les instructions, l'approuve et le reçoit3 ».
Cette marque distinctive, le concile de Trente la porte, comme les autres assemblées de l'Église que l'on a toujours tenues pour œcuméniques. Peut-on douter « que les décrets [de ce concile] soient autant reçus en France et en Allemagne parmy les catholiques, qu'en Espagne et en Italie,
1. Klopp, VII, 187 (L. à Bossuet, 8/18 janv. 1692); — Cf. Bar., L'Org. Relig. de la terre, 253-256 : ce passage, fort intéressant par lui-même, se fonde sur nombre d'inédits théologiques de Leibnitz; il esta consulter.
2. Klopp, VIT, 209-210 {Boss. à Leib., 27 juill. 1692); Ibid., 248-249 {Boss. à Leib., 13 août 1693).
3 Ibid., eod. loc.
LA CITÉ DE D1IÎU
en ce qui concerne la foy »? a-t-on « jamais ouy un seul catholique qui se crût libre à recevoir ou à ne pas recevoir la foy de ce Concile 1 » ?
La question des limites de l'infaillibilité ne relève pas du jugement des fidèles; c'est le concile lui-même qui la tranche. Autrement, « il n'y a plus rien qu'on ne fasse repasser par l'étamine; de sorte qu'avec cette ouverture, on ne trouvera point de décision dont on ne puisse éluder l'autorité, et qu'il ne restera plus de l'infaillibilité de l'Eglise que le nom2 ».
Tout dogme, si restreinte que soit sa portée, devient nécessaire dès que l'Église l'a défini. « Avant qu'elle eût déclaré la vérité et l'antiquité, ou plutôt la perpétuité de ces dogmes, par un jugement authentique, elle tolérait les errants et ne craignait point d'en mettre quelques uns au rang des saints : mais, depuis sa décision, elle ne les a plus soufferts, et, sans hésiter, elle les a rangés au nombre des hérétiques3. » L'erreur de bonne foi exclut l'amour et devient de l'opiniâtreté, du fait qu'elle persiste en face d'une définition.
La polémique finit comme elle a commencé : les deux champions de la lutte gardent leurs positions. Et l'on ne pouvait s'attendre à un autre résultat; vu la différence de mentalité que l'on constate entre Bossuet et son adversaire. Au regard de Bossuet, il faut croire du fait que l'autorité légitime s'est prononcée : qu'on pense ceci ou cela, c'est une question qui n'entre pas en ligne de compte; l'obligation d'adhérer demeure la même dans les deux cas. Pour Leibniz, l'attitude du fidèle est moins simple. Il doit examiner la nature de l'objet défini; et si, au terme d'une étude cons-