‹ LeibnizChapitre 281 sur 310 · Klopp, VII, 182 (Boss. à Leib., 10 janv · texte numérisé non relu

Klopp, VII, 182 (Boss. à Leib., 10 janv

2. Ibid., 209-210 {Boss. à Leib., 27 juil. 1692); Ibid., 248-249 {Boss. à Leib., 15 août 1693); — F. Car., II, 392 {Boss. à Leib., 12 août 1701).

3. F. Car., II, 303-304 {Boss. à Leib., 30 janv. 1700). — Consulter, pour profiter de certaines lettres inédites : Bossuet, correspondance, par Ch. Urbain et E. Lévesque, 5 vol., Paris, 1909-1912; voir vol. 5e (janv. 1692-sept. 1693).

ciencieuse, il se trouve en contradiction avec la sentence venue du dehors, il a le droit de ne pas se rendre, auss longtemps du moins que dure sa conviction personnelle. En cas de conflit entre l'autorité doctrinale de l'Église et l'individu, c'est l'individu qui prononce en dernier lieu. Somme toute, il n'y a qu'une infaillibilité, celle de la raison.

Or, sur ce point de fond, il était bien difficile soit àl'évêque, soit au philosophe de renoncer à leur manière de voir. Antoine Arnauld, le landgrave de Hesse, Mad. de Brinon espéraient à un moment donné que Leibniz allait se convertir. Encore un pas, se disaient-ils ; et il est des nôtres. Mais ce désir ne devait pas se réaliser, et pour une raison qui leur échappait. L'obstacle était la croyance intime de Leibniz en la suprématie de la raison. Voici ce qu'il écrivait lui-même au Landgrave en 1684 : « Il est vrai que si j'étais né dans l'Eglise romaine, je n'en sortirais point que lorsqu'on m'exclurait, en me refusant la communion, sur le refus que je ferais peutêtre de souscrire à certaines opinions communes. Mais à présent que je suis né et élevé hors de la communion de Rome, je crois qu'il n'est pas sincère, ni sûr, de se présenter pour y entrer, quand on sait qu'on ne serait peutêtre pas reçu si l'on découvrait son cœur1. » Ces paroles, c'est Leibniz lui-même. Il se sentait des opinions que son rationalisme intégral « ne lui permettait pas de sacrifier au bon plaisir d'une autorité, quelle qu'elle fût »; et la première d'entre elles, c'était ce rationalisme lui-même.

Cette attitude lui semblait d'autant plus nécessaire que, à son sens, l'état de minorité dans lequel l'Église romaine détenait la raison, se traduisait par nombre de pratiques religieuses où l'imagination et la sensibilité avaient une place « regrettable ». « Aujourd'hui que la bonne doctrine sur la justification est rétablie dans l'Eglise Romaine, le malheur a voulu que d'autres abus se sont aggrandis, et que par les confraternités et semblables practiques, qui ne sont pas trop approuvées à Rome mesme, mais qui n'ont que trop de cours dans l'usage public, le peuple fût détourné de cette adoration

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