F. Car., I, 506 {L. à Mad. de Brinon, sept
usent ainsi, et d'exposer nos peuples et notre postérité à un mal aussi contagieux, que le sont les abus, dont ils ont esté à peine affranchis après tant de travaux. L'union est exigée par la charité ; mais icy elle est défendue par la suprême Loy, qui est celle de l'amour de Dieu, dont la gloire est intéressée dans ces connivences» l.
La raison, non seulement il lui revient d'avoir le dernier mot dans les questions de doctrine ; elle est aussi la règle suprême de nos sentiments. Et la piété ne fait pas exception à cette loi. Par elle-même, la piété est « de la catégorie de l'infini », suivant l'expression préférée de Platon. C'est dans la raison qu'elle trouve sa loi; et, dès qu'elle se soustrait à la direction de cette faculté hégémonique, elle tend toujours plus à se traduire en abus malsains ou ridicules.
Sans doute, cette apologie de la raison et ce procès des facultés sensibles contiennent « une âme de vérité ». Mais les choses y sont prises avec trop de rigueur. Il est raisonnable de croire aux décisions d'une autorité infaillible, et du fait même qu'elle s'est prononcée. D'autre part, le cœur tiendra toujours une grande place dans la religion chrétienne qui est par essence une religion d'amour. Les mythes, les symboles! Mais le peuple en a besoin : il ne voit, il ne sent la beauté de l'idée qu'autant qu'elle « brille à travers » une image2. On n'a peut-être pas toujours gardé la juste mesure dans cette expansion de la « partie pleureuse de l'âme ». Reste pourtant que l'Église Romaine a dix-huit siècles de logique et que son action éducatrice a produit dans l'humanité une hausse incomparable de respect et d'amour. Un Néron, parmi nous, n'est plus possible ; et l'antiquité n'a pas eu de saint Vincent de Paul.