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Leipzig

est une république d'âmes. Et la chose, sans doute, n'est pas suffisamment démontrée. Mais quelle vue magnifique ! JN'y trouve-t-on pas en même temps la manière la plus profonde et la plus précise de poser le problème de la perception extérieure ? Berkeley, puis Rosmini le sentiront bien dans la suite et défendront cette hypothèse de toutes les forces de leur génie.

11 n'y a que de Ja sensation, reprenaient Locke et ses disciples : la sensation, voilà le fait primitif dont tout le reste est un développement plus ou moins heureux. Parler ainsi, répond Leibniz, c'est faire la psychologie de l'animal, non celle de l'homme, c'est passer à côté de la raison. Au-dessus des sensations et des images, il y a le monde des intelligibles, qui sont éternels et dont les rapports ne changent pas. Or c'est là, c'est dans cette région supérieure que se trouvent les règles de l'existence. Rien ne se fait, rien ne se passe dans le domaine du devenir qui ne soit conforme aux lois des idées ; la nature elle-même n'est et ne peut être que la réalisation progressive d'un système d'intelligibles.

Leibniz n'hésite pas d'ailleurs, surtout dans sa correspondance avec Burnett, à signaler le vice fondamental d'où procèdent toutes les formes du sensualisme. Ces insulaires, observe-t-il, seront délivrés de leur myopie dès qu'ils auront appris à distinguer nettement l'image de l'idée, à voir pour de bon que ceci ne peut venir de cela, qu'entre sentir et comprendre il n'y a pas de passage. Et c'est bien là, me semble-t-il, que réside le fond du problème ; là du moins est la voie qui mène à sa vraie solution.

Mais c'est peut-être dans l'analyse de l'idée d'infini que Leibniz trouve ses vues les plus importantes. On peut même dire qu'en fin de compte, tout vient de là pour lui : « Mes méditations fondamentales, disait-ii un jour à la Duchesse Sophie, roulent sur deux choses, sçavoir sur l'unité et sur l'infini1. » Ces paroles prouvent que le philosophe se connaissait bien quand il les formulait.

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