‹ LeibnizChapitre 296 sur 310 · V. plus haut, p · texte numérisé non relu

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découvrir pourquoi le monde ne s'en serait pas passé. Elle n'a nullement la rigueur d'un corollaire.

Le déterminisme absolu perd encore du terrain, lorsqu'on observe « le détail des choses ». Pourquoi les rayons réfractés ne décriraient-ils pas une courbe insensible, au lieu de cette ligne droite, rigide comme un cadavre, qu'ont imaginée les mathématiciens? « Il est naturel à l'arbre de porter des fruits. » Mais quelle raison de penser qu'ils en viennent comme autant de corollaires? « Il arrive par certaines saisons qu'il n'en porte pas. » C'est donc qu'il y a dans le principe qui les produit une malléabilité que les êtres purement mathématiques ne contiennent point. Gomment expliquer d'ailleurs l'admirable correspondance du physique et du mental, si tout est nécessaire? Est-ce que cette harmonie si constante et si complexe du dedans et du dehors n'est pas la marque visible d'un ordre de choses qui pouvait ne pas être et qu'a librement voulu le souverain législateur?

Voilà, me semble-t-il, une chasse à la nécessité qui donne à réfléchir1. Et Leibniz ne s'en tient pas là. Il pousse so attaque jusqu'à la racine de la théorie, jusqu'à ce principe de causalité auquel on veut soumettre toutes les formes du devenir.

Si la cause n'est qu'un contenant qui donne de son contenu, il faut bien que la création soit impossible, comme le soutient Spinoza au premier livre de son Éthique; ou que, comme l'a pensé saint Thomas d'Aquin, elle soit éternelle, tout en venant de Dieu comme de sa cause première. Car, dans cette hypothèse, rien ne naît que ce qui est déjà de quelque manière : il n'y a qu'un méphistophélès qui puisse tirer du vin d'un morceau de planche sèche. Si la cause n'est qu'un contenant, il existe toujours et nécessairement la même quantité d'être. Mais cette conception un peu matérielle de la cause n'est pas la seule que l'on puisse fournir. Rien n'empêche de concevoir la cause, non comme un contenu qui donne ce qu'il a, mais comme un agent dont le propre

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