V. plus haut, p. 46-52, p
est de produire ce qu'il n'a pas encore ; rien n'empêche de revenir à l'idée de Plotin, de comprendre l'acte créateur comme une sorte de « supereffluence » où l'un, sans se diminuer lui-même, fait être ce qui n'était encore nulle part.
La contingence, elle se révèle partout, jusque dans le principe de causalité au nom duquel on a voulu démontrer qu'il n'y en a nulle part. Si elle n'est pas le dernier mot de la réalité, elle en est du moins la note dominante. Les choses ne sont pas liées comme une série de propositions mathématiques; elles sont seulement ordonnées : et en vertu du principe de convenance ou du meilleur. Elles ont leur raison dernière dans la finalité.
Aussi nombre de nos penseurs modernes, et des plus illustres, ont-ils cru devoir reprendre le point de vue déjà si richement analysé par Leibniz. H. Bergson, E. Boutroux, 0. Hamelin, Maxwel sont venus de nouveau mettre l'accent sur la contingence. C'est également ce qu'a fait A. Job dans son article sur la chimie que confient l'ouvrage collectif intitulé De la méthode dans les sciences1. Et le sujet n'est pas épuisé; il contient encore des aspects dont la théologie naturelle peut déduire les conséquences les plus importantes. J'espère bien moi-même, si Dieu me prête longue vie, faire voir un jour qu'il y a dans l'intensité des phénomènes de la nature une sobriété qui ne vient pas d'eux, qu'ils ont reçue d'un souverain ordonnateur. J'espère démontrer, en reprenant une image de Platon, que le monde est comme une lyre dont Dieu lui-même a réduit les cordes à leur juste mesure.
Cet ensemble d'idées et d'autres de même qualité que nous n'énumérons pas ici, étaient faites pour demeurer; elles devaient entrer dans le trésor de la pensée humaine