‹ LeibnizChapitre 35 sur 310 · Bar., Leib., 206-209 fqq. inédits · texte numérisé non relu

Bar., Leib., 206-209 fqq. inédits

A son sens, les missionnaires romains ne font qu'ouvrir la porte et préparer les voies : leur rôle ne doit être que provisoire. C'est aux protestants qu'il appartient de conquérir la nouvelle « terre promise » et de s'y implanter pour toujours, ruinant sur leur passage les superstitions des papistes aussi bien que celles des Chinois. Et il entreprend dans ce sens une vraie campagne d'exhortation. 11 écrit à Wallis, à Ludolf, à l'évèque de Salisbury; et partout, c'est le même cri d'entraînement : « que les protestants regardent donc enfin à la grande moisson ouverte dans le champ du Seigneur », et qu'ils se mettent à l'œuvre ; « leur religion seule contient une doctrine digne de Dieu et les très saintes règles du vrai culte » 1 .

La chrétienté d'Europe doit rester aux protestants, donc celle d'Orient n'en peut être que l'extension. En raisonnant ainsi, le philosophe de Hanovre ne fait que suivre la logique de son idée.

• L'unité pour toujours et partout, l'unité de la science, l'unité des croyances religieuses et sous le primat de la raison, l'unité de l'écriture et du langage : tel est le rêve de jeunesse qu'a fait Leibniz et qu'il a poursuivi jusqu'au bout de sa longue carrière, le précisant de plus en plus, le ciselant tour à tour sous ses divers aspects et n'en oubliant jamais la conscience intégrale.

L'œuvre est immense et variée à l'infini. Comment et dans quelle mesure Fa-t-xl réalisée? L'objet de ce livre sera de le faire voir.

1. Gerh., Math., IV, 28, 80 (L. à Wallis, 1697-1700); Ibid., Phil., III, 204 {L. à Th. Burnett, 8/18 mai 1697); Bar., Org., 100, référ. 2 (L. à Morel, mai 1697); Ibid. {L. à H.-W. Ludolf, 2 oct. 1697); Klopp, VIII, 105 {L. à Vévêque Burnet, 1698?); Giïiui., II, 214 : projet d'écoles protestantes en Russie et qui enverront des missionnaires à la Chine. — Cf. Gerh., Math., IV, 39, 75, 79 (L. à Wallis, 1697) : il s'agit dans ces passages des Novissima sinica de Leibniz; il y prêche également pour une croisade protestante en Chine. — Cf. plus bas, p. 348-350.

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