CHAPITRE II
PRINCIPES DIRECTEURS
I. Identité et raison suffisante. — 1° Il faut tout réduire à l'identité; 2° de l'analyse des identiques; 3° comment au principe d'identité se rattache celui de raison suffisante; 4° domaine de ces deux principes.
II. Causalité. — 1° Domaine de la causalité ; 2° équivalence de la cause et de l'effet : différence profonde entre Leibniz et Spinoza; 3° nature du lien causal : a) dans le monde physique, b) dans le monde des volontés.
III. Finalité. — 1° Comment elle se subordonne la causalité : Leibniz et Descartes; 2° de son utilité pour les découvertes scientifiques, particulièrement en biologie.
IV. Une série de corollaires. — 1° La loi du plus régulier; 2° la loi d'Économie : Leibniz et Malebranche ; 3° la loi de continuité : comment elle compénètre toute la pensée de Leibniz, depuis la Mathématique où elle a inspiré le calcul différentiel jusqu'au fondement du Monadisme; 4° le Principe des indiscernables : comment il se rattache à la loi de continuité, ce qu'il signifie, son rapport avec la théorie thomiste de l'individuation.
Conclusion. — Quelques caractères du génie de Leibniz.
Donnez-nous des faits, disent les positivistes de nos jours; il nous faut des faits, il ne nous faut que cela. Le reste vient ensuite, et comme il peut.
Leibniz suit une méthode tout opposée. Il va des principes aux données de l'expérience : il étudie d'abord celles-ci à la lumière de ceux-là et ne s'arrête sur cette voie qu'après avoir cueilli la somme d'idées que l'on y peut découvrir. C'est alors seulement qu'il regarde de plus près. Bien que très soucieux et très respectueux des faits, il n'a recours à la méthode d'observation que pour pénétrer dans le « détail des choses ». Encore n'est-elle pour lui, même dans cette fonction secondaire, qu'une sorte de mineure qui a besoin d'une tutelle : il faut, à son sens, que la raison l'accompagne
PRINCIPES DIRECTEURS
sans cesse, et pour diriger ses pas et pour suppléer à l'étroitesse de son champ de vision.
Quels sont donc ces principes de la pensée auxquels Leibniz accorde une place à la fois si importante et si contraire aux procédés actuels? C'est là ce qu'il faut expliquer tout d'abord. Autrement, cet exposé risquerait de n'être qu'imparfaitement compris.