Ibid., 30'J
3. 11 faut bien convenir qu'en plusieurs passages, qui sont sûrement anté-
Mais, à un moment donné, la pensée de Leibniz prend une allure très catégorique et qui se maintient jusqu'au bout : c'est que le principe d'identité et celui de raison s'étendent l'un et l'autre à toutes les formes de la démonstration, quel qu'en Soit l'objet. « On ne doit rien affirmer sans raison », est-il dit à la fin des « Vérités premières »*; car les idées demandent une explication, aussi bien que les faits. « Nos raisonnements, observe Leibniz dans sa Monadologie, nos raisonnements sont fondés sur deux grands principes : celui de la contradiction, en vertu duquel nous jugeons faux ce qui en enveloppe, et vrai ce qui est opposé ou contradictoire au faux; et celui de la raison suffisante, en vertu duquel nous considérons qu'aucun fait ne saurait se trouver vrai ou existant, aucune énonciation véritable, sans qu'il y ait une raison suffisante pourquoi il en soit ainsi et non pas autrement2. » Le même sentiment réapparaît, et avec la même netteté, dans les Remarques sur le livre de M. King3. Et, si les Principes de la nature et de la grâce ne le mentionnent pas, non plus que les Lettres à Clarke, c'est simplement que les questions qu'y traite Leibniz ne le demandent point : le principe de raison n'intervient au cours de ces écrits que dans son rapport avec le devenir4.
IL — Causalité.
Mais là se révèle un autre aspect de la question et qui demande un nouvel examen : après avoir défini le rôle que
rieurs aux précédents, Leibniz s'affirme et parfois très nettement pour l'universelle extension de la « raison suffisante ». V. par ex. : Ehd., 674" {De la sagesse, 1667); — Gerh., Math., VI, 72 (2V. Hypoth.): c'est là que le principe de raison se trouve formulé pour la première fois, « nihil est sine ratione » ; — Gkrh., Phil., II, 62 (L. à Arnauld, 1686) : — Colt., Op., 25. Mais notre interprétation ne s'en trouve pas infirmée. Ces endroits, au contraire, concourent à mieux faire voir qu'à un moment donné, et peut-être sous l'influence d'Archimède, Leibniz a éprouvé quelque hésitation à faire entrer le principe de raison dans le domaine des identiques.