‹ LeibnizChapitre 45 sur 310 · Cout., Op · texte numérisé non relu

Cout., Op

2. Gerh., Phil., VII, 455 (L. à des Billettes, 11 21 oct., 1697); cf. Ibid., Math., VI, 437 {Dynam., 1689); Cout., Op., 405.

sidérant l'indifférence de la matière au mouvement et au repos, que le plus grand corps en repos pourrait être emporté sans aucune résistance par le moindre corps qui serait en mouvement; auquel cas il y aurait action sans réaction, et un effet plus grand que sa cause *. » Mais au-dessus de la nécessité mathématique s'élève le domaine de la contingence où tout est réglé d'après le principe du meilleur, et par suite d'après l'idée du plus convenable et du plus beau. Et c'est à cette « philosophie supérieure » que se rattachent les, invariabilités que l'on vient de voir : elles constituent des vérités de fait, non de droit 2.

Leibniz ne croit donc pas que, si la cause et l'effet sont égaux, c'est qu'ainsi le veut la nature même des choses; il ne croit pas que la cause ne soit qu'un simple contenant et que de ce chef elle ne peut rien donner de plus que son propre contenu. Par suite, il se garde de penser, comme Spinoza, que l'idée de création est une absurdité 3. Rien n'empêche que la causalité de Dieu ne consiste précisément à produire ce qui n'existait d'aucune manière, ni en lui ni en dehors de lui; rien n'empêche de revenir à ridée de Plotin et de concevoir l'acte créateur comme une sorte de « supereffluence » ou l'Un, sans se diminuer lui-même, fait être ce qui n'était pas encore 4. N'est-ce pas d'ailleurs la conclusion à laquelle Spinoza se voit amené par la logique de son propre système? D'où vient, dans sa doctrine, la matière qui constitue le fond où, si l'on veut, le plein de chaque mode? Ce n'est pas des attributs eux-mêmes, puisqu'ils sont essentiellement immuables? Ce n'est pas non plus des modes antérieurs à ceux que l'on considère : car tout mode est en acte dans la mesure où il mérite son nom; par suite, tout mode, du fait qu'il existe, a déjà mis en œuvre toute la matière dont il dispose et cesse ainsi d'en avoir à prêter. La conséquence est rigoureuse, à moins que l'on ne ramène en cachette ces virtualités, ces puissances,

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