‹ LeibnizChapitre 46 sur 310 · Ibid., cf. plus bas, p. 246, références · texte numérisé non relu

Ibid., cf. plus bas, p. 246, références

3. Spinoza, Eth., I, prop. vi, éd. Van Vlolcn, La Haye, 1905.

4. H. Guyot, L'infinité divine, 185-186, F. Alcan, Paris, 1906.

PRINCIPES DIRECTEURS

ces entités obscures que Spinoza s'est escrimé avec tant de soin à bannir du domaine de l'être. Mais alors, c'est tout le système qu'il faut reprendre et par sa base. Bref, pas de matière pour les modes à venir : il n'y en a ni dans la substance ni dans les autres modes qui ont déjà paru à la surface de la Substance. Reste donc que chacun d'eux surgisse du néant; reste que chacun d'eux soit une création l.

Qu'il s'agisse de la causalité naturelle ou de la causalité divine, les deux termes qu'elles relient sont ontologiquement distincts. Quelle est donc la nature de ce point d'attache? En quoi consiste le rapport d'efficience?

Ici encore, la tendance de Leibniz est de desserrer le plus possible les mailles de la nécessité, el surtout en vue de sauver le libre arbitre où se trouve, à son sens, la condition de toute « philosophie morale » 2.

La cause une fois posée, l'effet suit toujours. Par suite, il n'y a rien en Dieu ni dans la nature, ni dans la volonté de l'homme, qui soit laissé au hasard : tout est déterminé. Et, de ce chef, tout est certain d'avance, tout peut être prévu. Non pas que l'homme ait la force d'égaler cette universelle intelligibilité des choses : il se heurte partout à l'inépuisable, et en Dieu qui est infini au sens absolu du mot, et dans la nature elle-même dont le moindre fragment contient encore une infinité de parties actuelles. Mais l'Être parfait englobe d'une seule et même vue tous les contours et tous les détails de la réalité et, dans la notion adéquate de chaque individu, voit avec certitude tout ce qu'il pourra jamais produire ou subir 3. « Tout est déterminé dans les choses » ; mais tout ne l'est pas de la même manière : les unes le sont « par des raisons comme géométriques de la nécessité » ; les autres « par des raisons comme morales de la plus grande perfection 4 ».

Il y a des vérités nécessaires, « dont le contraire implique contradiction ». Il y a aussi des vérités contingentes, c'est-

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