‹ LeibnizChapitre 47 sur 310 · Gerh., Phil., I, 35 ï (L. à Malebr., 2/12 oct · texte numérisé non relu

Gerh., Phil., I, 35 ï (L. à Malebr., 2/12 oct

à-dire dont L'opposé reste possible; et à cette seconde catégorie se rattachent presque toutes les lois de la nature

Or comment s'expliquent les vérités contingentes? Puisqu'elles pourraient être autrement qu'elles ne sont et même n'être pas du tout, elles supposent un choix : elles postulent une volonté première, parfaite du même coup, qui les a préférées en vue du meilleur, qui n'a cédé, en leur ouvrant les portes de l'éternité, qu'à l'amour réfléchi « du bien et du beau ». Mais quelle peut être l'action de ce mobile supérieur sur le vouloir divin? Il n'en va pas comme des rouages d'une poulie. Elle est infaillible; mais elle ne nécessite pas : elle ne fait qu'incliner. Car, du côté de l'objet, l'opposé demeure possible ; et l'on est fondé d'autre part à dire que tout être intelligent dispose de lui-même et gouverne sa propre activité dans la mesure où il se sait.

La nécessité morale : telle est la formule à laquelle Leibniz a recours pour faire au libre arbitre sa zone, et dont il se servira jusqu'au bout, sans s'expliquer autrement, contre les déterministes de son siècle. La réponse est-elle suffisante? J'aurai le regret, au cours de cet ouvrage, de constater qu'elle a surtout la valeur d'un habile palliatif2.

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