Ibid
i. Ibid., 59.
complexes qu'elles soient. Supposez un organe dont la fonction est encore inconnue ; on peut la découvrir par l'étude de cet organe lui-même : entre l'un et l'autre il existe un rapport d'adaptation que l'on a des chances de dégager à la lumière de l'expérience. De même, supposez un organe isolé de son tout; on peut dans une certaine mesure arriver à reconstruire ce tout naturel. Car il n'en va pas des parties d'un être vivant comme des fragments d'un caillou. Elles ont une certaine unité de dessein qui en commande la structure, le volume et l'agencement : de telle sorte que la connaissance de l'une d'entre elles évoque plus ou moins celle des autres. Il suffit également d'examiner le squelette d'un animal pour savoir, au moins d'une manière approximative, les conditions climatériques dans lesquelles il a vécu1.
Capitale est la « recherche des causes finales » dans le développement des sciences naturelles; et la physique ellemême est obligée d'y recourir au terme de ses analyses. Les lois du mouvement peuvent se démontrer mécaniquement; mais, ces lois une fois établies, il faut encore les expliquer. Et, à partir de ce moment, les causes efficientes ne suffisent plus : besoin s'impose de faire appel à un principe supérieur, celui du meilleur, de la convenance et de la beauté. On ne trouve aucune nécessité absolue ni dans la permanence de la force, ni dans l'égalité de l'action et de la réaction, ni dans cette continuité qu'observe la nature à travers ses métamorphoses. Ces lois fondamentales n'ont rien « qui nous force de les admettre, comme on est forcé d'admettre les règles de la Logique, de l'Arithmétique et de la Géométrie ». Elles relèvent uniquement de la sagesse de Dieu qui les a instituées comme plus conformes à l'idée du bien : elles sont le triomphe suprême de la finalité2. Aussi Leibniz laisse-t-il percer en cette question quelque chose de cet enthousiasme contenu qui caractérise ses émotions intellectuelles. « J'ai découvert, dit-il,... que les loix du mouvement... ne sont pas à la vérité absolument démontrables, comme serait une