‹ LeibnizChapitre 51 sur 310 · Erd., 604a-605a (Théod · texte numérisé non relu

Erd., 604a-605a (Théod

proposition géométrique... Elles ne naissent pas entièrement du principe de la nécessité, mais elles naissent du principe de la perfection et de l'ordre ; elles sont un elfet du choix et de la sagesse de Dieu... De sorte que ces belles loix sont une preuve merveilleuse d'un Être intelligent et libre, contre le système de la nécessité absolue et brute de Straton ou de Spinoza 1 . »

De fait, la recherche des causes finales est féconde en physique, conrme on pourra d'ailleurs le voir encore un peu plus loin; et c'est un honneur pour notre siècle de l'avoir enfin compris. D'autre part, ce mode d'enquête scientifique a déjà brillamment prouvé sa valeur sur le domaine de la biologie. N'est-ce pas en cherchant à quoi peuvent servir les valvules des veines, que Harvey finit par discerner leur vraie fonction, qui est « d'empêcher le sang de refluer »? N'est-ce pas grâce au même procédé que Guvier découvrit son fameux principe de la corrélation des formes, qui, bien que n'ayant point une extension absolue, ne laisse pas de conserver une signification considérable? Tout le monde ne sait-il pas que c'est à la lumière de la finalité que Claude Bernard a trouvé de nos jours le rôle qui revient au foie dans le travail de la digestion? Bien plus, cette physiologie aiguè que l'on possède actuellement et qui nous fait pénétrer jusqu'à la cellule vivante, peut-elle enregistrer dans ses annales une seule

i. Eud., 604'. — Consulter sur la question de la finalité : Erd., 45a-47a(Cowfessio natures contra atheistas, 1668) : l'argument que Leib. oppose aux athées se fonde à la fois sur l'idée de contingence et celle du meilleur ; — Gerh., Math., VI, 26-27, 44 {Nova hypoth.); Ibid., 96 (Rép. à Fabre, 1676) ; — Est., 26, 31, 59-61 (Disc, de Mét., 1685); — Gerh., Math., VI, 129, 134- 135 (Princip. quoddam gêner., 1687); — Eud., 106 (L. à Bayle, 1687); — Gerh., Math., VI, 513-514 [Dynamic, 1689); Ibid., 243 (Spécimen dynamic.) : les causes finales sont aptes à produire des découvertes; — Gerh., Phil., VH, 451 (L. à des Billettes, 4/14 déc. 1696) : les deux règnes; Ibid., Math., III, 565, 574, 277, 583 (Corresp. avec Joh. Bem., 1699 de janv. à mai); Ibid., Phil., VII, 270-274 (Tent. anagogic); Ibid., Math.,\\, 103-lOi (1702) ;— Erd., 678a (L. à Bierling, 1711); — Cout., Op., 13 (Utilité scientifique des causes finales); — Gerh., Phil., III, 645 [L. à Remond, 22 juin 1715) : « Ma Dynamique demanderait un ouvrage exprès... c'est en bonne partie le fondement de mon système, parce qu'on y apprend la différence entre les vérités dont la nécessité est brute et géométrique, et entre les vérités qui ont leur source dans la convenance et dans les finales. Et c'est un commentaire sur ce beau passage du Phcedon de Platon que j'ai cité quelque part dans un journal... » — Cf. sur le môme principe plus bas, p. 246-249.

marche en avant, un seul progrès qui ne soit dû de quelque manière à la même idée directrice ?

Leibniz avait raison d'être fier. Sa protestation contre le mécanisme brutal de Descartes et de Bacon était fondée ; et la méthode qu'il a mise en avant devait rester indéfiniment féconde.

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