Ibid.; Cf. Ibid., 104 (mai
même. « Il est étonnant, écrit-il à Joh. Bernoulli en 1697, il est étonnant que personne (autant que je me souviens) ne l'ait employée avant moi1. » Leibniz revient à cette assertion dans une lettre de 1704 au même correspondant : « La loi, dit-il, à laquelle je donne le nom de continuité pouvait être connue de tous, si l'on eût fait attention ; mais le vrai, c'est que les meilleurs l'ont eux-mêmes ignorée2. » La même revendication est encore formulée et au cours de la « Théodicée » en 17103, et vers 1714 dans le traité qui s'intitule « Principes métaphysiques des sciences mathématiques » : « Lex continuais a me primum prolata4. »
Bruno Tillmann a pourtant remarqué, et avec raison, que Leibniz connaissait Comenius, qu'il l'avait en admiration et que cet auteur de la Renaissance faisait 5 déjà des idées d'harmonie et de continuité un usage à peu près semblable à celui qu'il devait en faire lui-même6. Mais les indications de Comenius sur l'idée de continuité étaient encore vagues; et, vu la force géniale avec laquelle Leibniz en a poussé l'analyse, il conservait le droit de la regarder comme sienne. La propriété des idées n'a rien de si rigoureux, et pour une raison assez simple : c'est qu'il est difficile de savoir où elles commencent et où elles finissent.
Quoi qu'il en soit de ce point, Leibniz est déjà familier avec la loi de continuité dès l'année 1670, époque à laquelle il compose la Nouvelle hypothèse; et, par les applications qu'il en fait, on voit qu'il est déjà maître de son idée7. Mais, chez lui, cette idée s'explicite toujours plus sous l'influence