‹ LeibnizChapitre 64 sur 310 · I. — Antécédents de la caractéristique · texte numérisé non relu

I. — Antécédents de la caractéristique

Descartes a trouvé la bonne voie ; mais son effort s'est interrompu bien avant le terme qu'il fallait toucher. Et l'un des plus grands reproches qu'on puisse lui faire, ce n'est pas d'avoir laissé l'algèbre dans un état défectueux ; c'est de ne l'avoir pas dépassée 2. Sans doute, il a fait une tentative dans ce sens, comme en témoignent et ses Règles pour la direction de l'esprit et son Discours sur la méthode. Mais, si l'on trouve chez lui « de beaux préceptes », on y cherche en vain « le moyen de les observer ». « Il faut, dit-il, comprendre toute chose clairement et distinctement; il faut procéder du simple au complexe ; il faut diviser nos pensées, etc. ». « Cela ne nous sert pas beaucoup, si l'on ne dit rien davantage. Car lorsque la division de nos pensées n'est pas bien faite, elle brouille plus qu'elle n'éclaire. 11 faut qu'un écuier tranchant sçache les jointures, sans cela il déchirera les viandes au lieu de les couper. » Dès qu'il s'agit de dépasser le domaine purement mathématique, Descartes n'a plus que de vagues « conseils » à nous donner ; et c'est manifestement trop peu ; le hasard et le tâtonne-

1. Erd., 85b-86a : « ... ars inveniendi, non quidem ut in priore parte, utrum propositio vel ratiocinatio oblata sit vera, sed, quod est difficilius, qualis ipsa sit formanda, seu quomodo resolvi possit problema, quod continet propositionem imperfectam, a solvente supplendam. » Ces paroles traduisent «ne direction fondamentale du génie de Leibniz, toujours tendu vers l'avenir, bien que toujours inspiré du passé. Ex vetere nova : telle est sa devise. — Cf. F. Car. a, Lettres et op., p. 279 : «Pour éclairer l'entendement, il faut perfectionner l'art de raisonner, c'est-à-dire la méthode de juger et d'inventer qui est la véritable logique et comme la source de toutes les connaissances »; Coirr., Op., 228-229 (Nouvelles ouvertures).

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