Gerh., Math., V
3. Gerh., Phil., IV, 296 (L. à la duchesse Sophie, vers 1680); — Erd., 80b {Meditationes, 1684).
immense ; et la vie d'un homme n'y saurait suffire : Leibniz le sent de plus en plus. Il se met à l'œuvre pourtant; il y revient à diverses reprises et jusqu'au bout de sa carrière, persuadé qu'on ne jette dans les esprits aucun germe de vérité qui ne donne un jour son fruit ^
Pour résoudre le premier problème, il faut entreprendre « un inventaire logique » de l'esprit humain 2. Cet inventaire fournira les définitions des choses ou permettra tout au moins de les obtenir3. Ces définitions elles-mêmes une fois données, on pénétrera par voie analytique jusqu'aux « concepts originaires » 4; et Ton pourra constituer le véri- « table alphabet des pensées »5.
Aussi Leibniz a-t-il eu ce que l'on pourrait appeler la passion de définir, et à ce point que l'on en est choqué au premier abord. Vétilles! se dit-on, malgré soi; vestiges trop apparents de l'esprit scolastique, subtilités enfantines et qui ne mènent à rien! On revient de cette impression, du moins en partie, lorsqu'on se rend compte que le but de Leibniz est de fonder sa « caractéristique universelle ». Voyonsle donc à l'œuvre : il s'y montre admirable et d'ardeur et de constance.
11 s'applique « dès son enfance » à faire des définitions6. On en trouve déjà une longue liste dans sa « combinatoire »7. L'examen critique des d'Euclide8, les remar-
1. Erd., 674b (De la sagesse, avant 1667); Ibid., 83" (De scientia universali); Ibid., 85a (Initia scientix generalis): — Cout., Op., 215; Ibid., 219-222 (Plan de la science génér., 1678); — Erd., 79 (Médit...).