‹ LeibnizChapitre 71 sur 310 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

l'art d'inventer.

ques « sur la grandeur et la mesure 1 » ; les « principes mathématiques»2,le « spécimen de géométrie lucifère »3, les « principes métaphysiques de la mathématique »4, le « corpus Juris reconcinandum» 5, les « notions de droit et de justice »6: autant d'essais oùles définitions prennent toute la place ou du moins commandent tout le reste. On a trouvé d'ailleurs, dans les manuscrits inédits de Leibniz, toute une série de feuilles dumêmegenre qui se rapportent à des dates très diverses et qui concernent tantôt la métaphysique elle-même, tantôt les mathématiques et souvent le droit et la morale7. C'est aux années 1702-170i que remonte la table la plus complète de définitions qu'ait donnée Leibniz. Elle comprend tout l'ensemble des connaissances humaines : la métaphysique, la mathématique, les sciences de la nature, la morale et la religion8. Jamais Leibniz, il est vrai, n'a mieux montré que par là combien il était loin du but : nombre des définitions qu'il rassemble en cet endroit sont clairement insuffisantes; d'autres vont même jusqu'à rappeler cette hardiesse dogmatique dans l'indistinction que l'on trouve trop souvent chez les physiciens du moyen âge. Mais, du point de vue historique, ces tentatives n'en gardent pas moins un très vif intérêt : elles nous prouvent à merveille le désir tenace et mêlé d'impatience qui soutenait Leibniz dans la poursuite de son projet. Il avait, sans nul doute, le sentiment des imperfections de son travail; mais il allait toujours, persuadé que son effort, bien que très défectueux, serait comme un échelon dont les autres se serviraient dans la suite pour donner quelque chose de meilleur. « Perennis philosophia ».

Non content de construire lui-même des définitions, Leibniz en emprunte où il peut. S'il critique le premier

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