‹ LeibnizChapitre 72 sur 310 · Cout., Op · texte numérisé non relu

Cout., Op

livre d'Euclide, c'est pour en obtenir des notions plus exactes. Au cours de Tannée 1677, il écrit en ces termes à l'abbé Galloys : « Je ne sçay si vous vous estes souvenu, Monsieur, de faire extraire les définitions du dictionnaire de l'Académie Française. Je souhaiterais fort moy même de les avoir par vostre faveur. En voulant aller d'Angleterre en Hollande j'ay esté retenu quelque temps dans la Tamise par les vents contraires. En ce temps là ne sçachant que faire et n'ayant personne dans le vaisseau que des mariniers, je meditois sur ces choses là, et surtout je songeois à mou vieux dessein d'une langue ou écriture rationnelle, dont le moindre elfect serait l'universalité et là communication de différentes nations1. » Vers la même époque, il médite sur les théories morales de Descartes et de Spinoza; et ce qu'il en retire, c'est un certain nombre de définitions qu'il fait siennes, comme en témoignent le « De beata vita » et le « De affectibus » 2. M. L. Gouturat, qui a recueilli avec tant de soin les textes de Leibniz relatifs à la logique, mentionne aussi dans ses manuscrits des listes d'auteurs auxquels il s'agissait d'emprunter des définitions et en tous genres3. « Novaetvetera » : telle était la devise du philosophe de Hanovre en cette matière, plus encore peut-être que dans les autres.

En même temps, il travaille sans relâche, et par tous les moyens, à provoquer les recherches d'où peut sortir, entre autres profits, un ensemble de notions plus complet, plus logique et plus précis. Dès 1668, il conçoit le projet de publier des Semestres littéraires dont le but principal est d'obtenir « un inventaire de toutes les connaissances écrites » 4. Et cette idée de sa jeunesse ne le quitte plus. Elle s'élargit, au contraire, avec les années, sans cesse présente et toujours fertile en nouvelles initiatives. Il écrit des Mémoires et

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