Cout., Op
4. Klopp, I, 40, 45, 48, 53, 86, 89; — Gerh., Phil., VII, 160; — F. Car., a, 286-288. — Cf. L. Cout., La logique de L., p. 502-505.
l'art d'inventer
multiplie les discours pour la faire entrer dans le cours de la vie1; il demande aux savants de vouloir bien collaborer à cet « art d'inventer » dont il a déjà découvert « les secrets admirables » 2. Il intercède auprès des monarques, des princes et des princesses. L'un de ses désirs les plus ardents est aussi que l'on étudie les langues orientales pour avoir de nouvelles lumières3. Rien ne ralentit son courage, ni les objections, ni les échecs, ni les disgrâces. C'est qu'il y va du succès de la « Caractéristique » ; c'est qu'il s'agit de préparer peu à peu cet « atlas » logique des notions humaines sans lequel les sciences ne peuvent, comme par le passé, que se mouvoir dans le chaos 4.
Mais, pour réaliser « le grand œuvre », il ne suffit pas
1. Dut., V, 183 (Cogitata quxdam de ratione perficiendi et emendandi Encyclopxdiam Alstedii, 1671) ; — Gerh., PhiL, VII, 37-38 (Encyclopxdia ex sequentibus autoribus propriisque médit, delineanda) : à remarquer d'ailleurs la prodigieuse érudition de Leibniz; — Klopp, III, 308-312 {Meth. physica. Characteristica. Emendanda. Socielas sive or do, mai 1676) : cet écrit, que donne aussi F. Car. (VII, 101-105), parait destiné à qq. grand personnage;
— Cout., Op., 30-41 (Consilium de Encyclopxdia nova..., de 1672 à 1679);
— Klopp, III, 312 [Consultatio de nalurx cognitione ad vitx usus promovenda..., publié peu après le retour de Leibniz en Allemagne); voir aussi F. Car., VII, 105-126; — Gerh., PhiL, VII, 184 {Historia et commendatio lingux Characteristicx univer salis..., vers 1679); — Erd., 415-418 (IV. Essais, 1704).
2. F. Car., a, 274-292 [Mémoire pour les personnes éclairées et de bonne intention); — Bodem.. 90 [Discours sur un plan nouveau d'une science certaine pour demander avis et assistance aux plus intelligens) ; Ibid., 99 (Essay sur un nouveau plan...) -, — Gerh., PhiL , VII, 53 (Dial. de rerum arcanis ou Guilielmi Pacidii); Ibid., 57-58 (Initia et specimina scientix generalis). — Cette série d'opuscules est de la période 1672-1679, comme la Consultatio.
3. Gerh., PhiL, VII, 174 (Discours touchant la méth. de la certitude et l'art d'inventer, vers 1680) ; — Erd., 165 (Préceptes pour avancer les sciences, de la même époque); — F. Car., VII, 467-479 (Mém. sur Vorgan. de l'enseignement en Russie adressé au Czar, 1708) ; Ibid., 514etsqq. (Projet d'une lettre à Pierre le Grand, 1716); Ibid., 267-273, (Documents où il s'agit de fonder à Vienne une société des sciences, de 1712 à 1714); Ibid., 218-277 (Doc. sur une Académieen Saxe); Ibid., 278-311 (Fondation d'une Acad. à Berlin) -Jbid., 312-385 (Doc. sur une Acad. des sciences à Vienne); Ibid., 287 (A la Reine Charlotte, sur la culture des vers à soie). — Évidemment, le but unique de ces démarches n'est pas d'obtenir des définitions; elles ont leur valeur par elles-mêmes; mais elles tendent toutes à cet examen comparatif des notions humaines dont la caractéristique avait besoin.
4. Erd., 327a (iV. Essais) : « On enregistrera avec le tems et mettra en dictionnaires et en grammaires toutes les langues de l'univers, et on les comparera enlre elles. » — Cf. Ibid., 704a-704b (L. à Remond, 26 aoust 1714).
d'avoir des définitions; il faut encore les traiter de manière à découvrir les concepts primitifs qu'elles renferment. Et cet autre travail demande d'abord que l'on en fasse connaître la nature et les espèces.
Dès Tannée 1667, Leibniz introduit une nouvelle manière de définir, qui est d'origine mathématique. A son gré, l'usage traditionnel où l'on procède « par le moyen du genre et de la différence », est loin de mériter le discrédit dans lequel on l'a vu descendre depuis un certain temps ». il serait « avantageux pour bien des raisons que les définitions puissent être de deux termes ». « L'art de ranger les choses en genres et espèces... sert beaucoup, tant au jugement qu'à la mémoire. » On sait également « de quelle conséquence cela est dans la Botanique, sans parler des animaux et autres substances, et sans parler aussi des êtres moraux et notionaux comme quelques-uns les appellent » *. Cependant, les définitions dichotomiques ne sont pas toujours les plus simples ni les plus rigoureuses ; et les mathématiciens, ces « maîtres dans l'art de raisonner », s'en servent fort peu. Le meilleur moyen de définir est de se borner aux « conditions nécessaires et suffisantes pour démontrer toutes les propriétés de l'objet défini ». Le thème qu'il s'agit d'éclaircir se trouve ainsi ramené à son minimum de « réquisits », et de telle sorte que l'analyse en peut faire jaillir tout le reste 2.
Il faut distinguer deux sortes de définitions, si l'on ne veut pas se conduire à l'aveugle dans le labyrinthe des idées.
Il y a d'abord des définitions réelles, c'est-à-dire qui u font connaître que le défini est possible ». Telles sont celles que l'analyse rationnelle peut réduire à des éléments simples; car, comme on l'a déjà montré plus haut, entre des termes de ce genre il ne se glisse jamais de