‹ LeibnizChapitre 80 sur 310 · Erd., 345a, 397b (N. Essais · texte numérisé non relu

Erd., 345a, 397b (N. Essais

4. Ibid., 39=>a-396a, 397a; Cf. Ibid., 371b-372a; — V., sur ce point, F. Strowski, Montaigne, p. 217-261 (Collection des Grands Philosophes, F. Alcan, Paris, 1906).

l'art d'inventer.

pas nécessaire de le bannir, comme Platon fait le poète dans sa Ré publique ; il suffit d'y mettre le lest de l'expérience.

Qu'on emploie l'analyse directe ou l'analyse indirecte, tout n'est pas fini par là. Reste un troisième mode de déduction auquel il faut avoir recours, si l'on veut connaître tous les concepts simples qui constituent le fond et comme le germe du savoir.

Il y a des définitions nominales ou qui viennent de l'expérience sensible. Et celles-là ne se prêtent pas de tous points au même traitement que les précédentes; elles ne donnent pas non plus un égal succès1.

Il est vrai que même dans cette dernière espèce de problèmes, il ne faut pas oublier les principes directeurs de la raison qui se rattachent à la finalité. La nature n'est pas un chaos; c'est un palais d'idées divines réalisées dans l'espace et le temps sous la catégorie du meilleur. Et cette considération, nécessaire en métaphysique, a dans les sciences elles-mêmes une souveraine importance : non seulement nous pouvons voir à sa lumière les caractères généraux de la réalité ; mais encore elle nous permet de faire des découvertes plus ou moins « considérables » dans les phénomènes particuliers, en physique, par exemple, et surtout en « ana- - tomie ». N'est-ce pas par cette voie que Snellius a trouvé « les règles de la réfraction »? Bacon, et Descartes après lui, ont commis une grossière erreur, lorsqu'ils ont banni la finalité du domaine de la recherche scientifique; ils sont allés beaucoup trop loin dans la réaction qu'ils ont entreprise à cet égard : il fallait réduire l'usage à ses vraies limites, et non le supprimer2.

Toutefois, ce genre de déduction qui prend aussi sa source dans les sommets de la pensée, ne suffit presque jamais à nous conduire jusqu'au bout dans « le détail » des faits. Il arrive un moment où le besoin de recourir à l'expérience

1. Voir Gerh., Math., V, 47 (1666) : on trouve déjà dans ce passage la distinction des propositions nécessaires et des propositions contingentes, de celles qui, par conséquent, peuvent donner la certitude et de celles qui ne vont qu'au probable.

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