Cout., 174 [De arle inveniendi theor
5. Gerh., Math., II, 125 (L. à Hugens, 1691); Ibid., 128 (Hugens proteste contre la critique de Leibniz) ; Ibid., PhiL, VII, 198.
reprend tous ses droits : il ne s'agit plus que de déduire l'idée qui vient de surgir à la lumière de la conscience ; il ne s'agit plus que « d'en tirer des conséquences, jusqu'à ce qu'on vienne à quelque chose de donné ou de connu »l. Telle est la marche que Leibniz a suivie lui-même dans sa « nouvelle hypothèse physique ». Il y part d'un fait qui est le mouvement des astres; puis il institue l'hypothèse du fluide éthéré; et cette hypothèse une fois donnée, il en tire toute une longue série d'inférences dont le but est d'établir qu'on explique par là tous les autres phénomènes de la nature2.
Mais, si bien que l'on s'y prenne, quelque vaillance et quelque puissance de pénétration que l'on y mette, on n'aboutit jamais par cette voie à la certitude mathématique. Car tout antécédent, si réduit qu'il puisse être, contient encore un nombre infini d'éléments et, par suite, un nombre infini de manières d'agir; de même, tout conséquent, si réduit qu'il puisse être, contient aussi de son côté un nombre infini d'éléments et, par suite, un nombre infini de manières de pàtir : de telle sorte qu'il reste toujours impossible de savoir avec exactitude et le point d'où part l'efficience et le point où elle s'applique. La connexion causale demeure introuvable à toute intelligence finie; Dieu seul peut la connaître. Par suite, les conclusions que fournit l'analyse rationnelle des données de l'expérience, présentent toujours une certaine infirmité : elles ne sont toujours que probables. Mais cette probabilité peut s'accroître à l'indéfini et produire ce qu'on appelle « la certitude morale »3. Il en est comme « des quantités incommensurables », qui s'approchent toujours plus de leur limite sans jamais l'atteindre. La déduction qui prend son point de départ dans l'expérience, a pour type le calcul infinitésimal4.
1. Erd., 397b {N. Essais); — Cout., Op., 156 (Préface à la Science générale, probablement de 1677, comme on peut le conjecturer de la lecture du texte).