IV. — Avantages de la caractéristique
La caractéristique s'applique à tous les domaines du savoir humain; elle concerne « la métaphysique et la morale » aussi bien que les mathématiques : son trait distinctif est l'universalité *. Inutile d'objecter que « les figures géométriques paraissent plus simples que les choses morales »; elles ne le sont pas, et parce que le continu enveloppe l'infini d'où il faut choisir. «Par exemple, pour couper un triangle en quatre parties égales par deux droites perpendiculaires entre elles, c'est une question qui paraît simple et qui est assez difficile. Il n'en est pas de même dans les questions morales, lorsqu'elles sont déterminables par la seule raison'2. » La qualité est moins complexe que la quantité. Bien plus, en métaphysique et en morale, l'usage de la caractéristique se recommande à deux titres spéciaux. « Dans les mathématiques il est plus aisé de réussir, parce que les nombres, les figures et les calculs suppléent aux défauts cachés dans les paroles » ; ce sont là autant de
1. Gerh., Math., I, 85-86 (L. à Old., 1675); Ibid., 120-121 (L. à Old., 1676); lbid., 180-181 (L. à Galloys, 1677); lbid., 186-187 {L. à Galloys, 1678); lbid., IV, 461-462 (L. à Tschirnhaus, 1678); /ôu/., II, 20-21 (L. à Eugens, 1679); — Cout., Op., 335-348 (Elementa rationis, 1686) ; — P. Jan., 687- 688 (L. à A. Arnauld, 14janv. 1688); — Erd., 418a 426b(£. à Wagner, 1696).