‹ LeibnizChapitre 96 sur 310 · Polygraphia nova et univer salis..., Rome · texte numérisé non relu

Polygraphia nova et univer salis..., Rome

3. Mercury, or the secret and swift messenger..., London, 1641. Plus tard, en 1668, le même auteur devait revenir à la charge, avec un nouvel ouvrage où il s'inspirait de Dalgarno : An essay towards a real character and a philosophical language..., London. V. note de Leib. (Cout., Op., 282).

4. Ars signorum, vulgo Character universalis et lingua philosophica, London, 1641.

5. V. Desc, L. à Mersenne, du 20 nov. 1629, éd. Adam-Tannery, I, 76; — Comparer Cout., Op., 27-28; on trouve dans ce coupon une partie de la lettre à Marsenne copiée de la main d'un secrétaire, plus une réponse de la main même de Leibniz où il maintient la possibilité de son projet : « Quoyque cette langue dépende de la vraye philosophie (c'est cela que disait Descartes), elle ne dépend pas de sa perfection. C'est à dire cette langue peut être établie, quoyque la philosophie ne soit pas parfaite : et à mesure que la science des hommes croistra, cette langue croistra aussi. » Caractéristique, par conséquent, Encyclopédie, langue rationnelle : trois termes d'une même pensée qui se développent parallèlement et l'un par l'autre.

est de dresser la liste des « concepts simples », de leur attribuer des signes, puis de les combiner entre eux. C'est à « l'art combinatoire » qu'il revient pour fonder une langue universelle ; on peut même dire que, dans cette œuvre do sa jeunesse, la formation d'une caractéristique et celle d'une langue rationnelle ne font encore qu'une seule et même chose1.

C'est d'ailleurs à cette pensée qu'il s'arrête pendant une dizaine d'années. Son but, durant cet intervalle, est simplement de calquer sur la caractéristique elle-même une sorte de langue idéographique, un système de signes qui représentent immédiatement les choses, de sorte que chaque peuple soit à même de les comprendre. Et les signes qui ont ses préférences sont ceux des Chinois; car, d'après son sentiment, ce qui manque à ces hiéroglyphes, ce n'est pas la précision; mais seulement un peu d'ordre logique2. Aussi, ne se permet-il à lui-même de proposer d'autres caractères, qu'en s'inspirant de ce mode oriental d'écriture3.

Vers l'année 1677, Leibniz se fait encore la même idée de son projet. « Les caractères qui expriment toutes nos pensées, dit-il à cette date, composeront une langue nouvelle, qui pourra être écrite et prononcée : cette langue sera très difficile à faire, mais très aisée à apprendre. Elle sera bientôt receue par tout le monde à cause de son grand usage et de sa facilité surprenante et elle servira merveilleusement à la communication de plusieurs peuples... ceux qui écriront en cette langue ne se tromperont pas pourveu qu'ils évitent les [erreurs de calcul] barbarismes, solécismes et autres fautes de grammaire et de construction. De plus, cette langue aura une propriété merveilleuse, qui est de fermer la bouche aux ignorants. Car on ne pourra pas parler ny écrire en cette langue que de ce qu'on entend. »

« C'est une de mes ambitions de venir à bout de ce projet

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