‹ Leibniz et l'organisation religieuse de la terre [microform]Chapitre 184 sur 306 · Cf. Uist. des Var. Préface · texte numérisé non relu

Cf. Uist. des Var. Préface

3 J'ai essaye de montrer, dans Ylntroduclion à celte deuxième partie, combien sont'superficielles les distinctions entre Protestants et Catholiques qui ne s'établissent que sur le concept de tradition.

L EGLISE UNIVERSELLE

religieux. Ceux qui au xvii' siècle ont nié cet axiome furent des évolutionnistes plus ou moins conscients. Or, Bossuet voyait en toute évolution la marqued une direction humaine'. Sa haine de la particularité émane métaphysiquement d une autre haine : haine de l'humain profanant le divin par une « évolution». Si Ion admet une « évolution », même insignifiante, il faudra logiquementconclureun jour à l'évolution intégrale. Il en est de la religion comme de cet univers qu'un Dieu modificateur aurait simplement ordonné : « Aveugles ! qui n'entendaient pas que d'être capable de forme, c'est déjà quelque forme ; c'est quelque perfection que d'être capable de perfection : et si la matière avait d'elle-même ce commencement de perfection et de forme, elle en pourrait aussitôt avoir d'elle-même l'entier accomplissement^ ». Le monde pourtant n'est pas immuable; la rehgion pareillement grandira semblable à elle-même. Telle sera bien la tradition : un mouvement, sans doute, mais un mouvement universel, c'est-à-dire imprégné d'une seule essence.

La pensée purement religieuse de Bossuet dérive dès lors su rtout de sources métaphysiques : Est-ce le philosophe ou l'historien qui pose à Leibniz ce redoutable axiome sur la tradition : « La véritable simplicité de la doctrine chrétienne consiste principalement -et essentiellement à toujours se déterminer en ce qui concerne la foi par ce fait certain : hier, on croyait ainsi ; donc, encore aujourd'hui, il faut croire de même ^ »? N'est-ce pas une certitude fondée en dehors de toute expérience ?

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