Id., t. I", p. 499. Même lettre
L OBSTACLE
surgissent des temps où les dissensions sont connues, nul doute qu'il faille entendre tout le monde ^ Chaque nation eût dû cire représentée. Ainsi l'accord général se fût pré[)aré de lui-même. « Afin qu'un Concile soit œcuménique, il ne faut pas qu'une nation ou deux y dominent : il faut que le nombre des prélals des autres nations y soit assez considérable pour s'enlre-balancer, afin qu'on puisse reconnaître la voix de toule l Eglise, à laquelle Dieu a promis particulièrement son assistance » ".
Si la Réforme crée non seulement une foi nouvelle, mais une politique nouvelle, le Concile destiné à la combattre ne peut exclure nulle force politique ou religieuse-. Sans doute, certains Conciles tout mystiques furent « reçus » du monde chr'étien sans qu'une représentation totale eût été exigée. Mais c'est juger les choses avec une a précision métaphysique que les affaires humaines n'admettent {)oint ' ». Etant donnée la séparation du Nord et du Midi, qu'avait provoquée la Réforme, il fallait que les puissances séculières eussent leurs ambassadeurs mêlés aux prélats. Car on devait régler là, non seulement des problèmes religieux, mais des problèmes nationaux. D'ailleurs, la fusion du séculier et du sacré n'était pas inouïe dans l'Église. Les Conciles anciens étaient dirigés, pai* rEmj)ereur\ Le Pape hérita d'une partie de ce [)Ouvoir. Le reste doit logiquement être partagé entre les Etats de l'Eglise chrétienne, chaque ambassadeur reproduisant chaque
1. F. de Careil, éd. cit., t. ^^ p. 472. « Réponse de Leibniz au Mémoire de l'abbé Pirol ».
2. Id.. t. I", p. 470. Môme Réponse. Non souligné par Leibniz.