Id., p
jugeait la canonicité comme la qualité^ donnée de tout temps par l'Eglise aux Livres qu'elle a toujours jugés comme inspirés*. Tous les Livres sont égaux, afïirmait-il, à l'égard de la canonicité, non à tous égards ". Jamais le Concile de Trente n'a prétendu que l'épisode du chien de Tobie eût l'importance du Décalogue. Mais, selon le principe autoritaire, tous ceux qui nieront ce passage seront hérétiques, parce qu'ils repoussent la décision de FÉglise ''. Ainsi se justifierait, pour les Catholiques, la quasi -permanence des « analhema sit » au cours des décrets tridentins. Plus tard, le Concile du Vatican, reprenant une expression du Concile de Trente, parlera de l'inspiration « in rébus fidei et morum ». Tout dérive de cette formule fondamentale. Tout dans la Bible est inspiré; tout n'y est pas d'une égale importance; mais toutes les Ecritures sont canoniques, c'est-à-dire ne peuvent être discutées sous peine d'iiérésie.
On ne triornpherait pas ainsi des arguments de Leibniz; car attribuer à tous les Livres Saints la canonicité, à moins d'entendre seulement parla qu'ils sont des livres non honteux ou non apocryphes, constitue une innovation. Il est possible que cette décision ait été productrice d'une plus grande clarté, et ait simplement la valeur d'un catalogue. Mais alors on ne peut plus parler d'absolue perpétuité. En sa lettre finale du 17 août 1701 ', liossuet reproche à Leibniz de ne donner aucun principe certain pour juger de la canonicité". Leibniz n'a en
1. La remarque est de M. l'abbé Loisy, Ilisloire du Canon de l'Ancien Testament, ouv. cit., pp. 208 sqq.