‹ Leibniz et l'organisation religieuse de la terre [microform]Chapitre 49 sur 306 · Id., t. IV, 1, pp · texte numérisé non relu

Id., t. IV, 1, pp

LES JESUITES

Chinois pensent, nous dit-on, qu'il y a des esprits inhérents à tous les phénomènes matériels. Mais ces esprits ne seraientils point des apparitions de la puissance de Dieu ? « Ceux qui, parmi les Chinois, croient que leurs ancêtres et leurs grands hommes sont parmi les esprits s'approchent assez », dit Leibniz, « de l'expression de Notre Seigneur qui insinue que les Bienheureux doivent être semblables aux Anges de Dieu. » D'ailleurs, si on ht Confucius, dont Leibniz vantait déjà en 1687 les maximes récemment traduites \ on s'aperçoit queLi est essentiellement notre Dieu. Il est, comme notre Dieu, éternel, incréé, incorruptible, à la fois principe ph3^sique et principe moral; unité sommaire, c'est-à-dire incapable de division, mais aussi multitude entre toutes parfaite, parce qu'en lui sont enfermées les essences infiniment diverses. En un passage du Tshoung-Jou?ig, Confucius dit que Li est à la fois le grand vide ou l'Espace, et la souveraine plénitude. Leibniz découvre là une analogie avec son propre système, où l'espace n'est pas une substance « qui a des parties hors des parties » mais un ordre de choses coexistant. Li est encore le globe ou rond. Dira-t-on que ce sont des images grossières.^ Il suffit d'un effort métaphysique pour dire que ce globe est a une sphère, dont le centre est partout et dont la circonférence n'est nulle part » . Après cela, déclare Leibniz, i< ne dirait-on pas que le Li des Chinois est la souveraine substance que nous adorons sous le nom de Dieu.^- ».

Tel n'est pas l'avis du P. Longobardi, que Leibniz combat ici et qui voit dans toutes ces doctrines un poison caché. Il reproche aux Chinois d'appeler Li tous les esprits. C'est peut-être, répond Leibniz, qu'étymologiquement Li signifie

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