Id.. t. VIÏ, pp. 578 et suiv
PIERRE LE GRAND
et dans les villes; quant aux professeurs d'Universités, ils seraient vraiment les « conseillers » de la Cour; et on viendrait à leur aide par des abbayes et autres bénéfices ecclésiastiques \
On ne peut formuler plus nettement le rôle « politique » du maître. Ce sera, dans toute la hiérarchie de l'État, la collaboration de ceux qui savent et de ceux qui agissent. Collaboration qui, jusqu à nos jours, est demeurée chimérique en Russie. Mais ailleurs ne se devait-elle point affirmer un principe de vie nationale ? Cette union des penseurs et des politiques a fait TAUemagne. Et Leibniz est ici le précurseur de
Fichteetde Hegel.
Tout cela, cependant, n^est-il point construction folle, qui ne tient nul compte de Tétat actuel de la Russie? Au contraire, affirme Leibniz, tout est fondé sur une organisation très simple. Le Czar crée un collège suprême, dont peuvent faire partie les différentes nations et qui dirige Fensemble des études dans tout l'Empire. Le président et les membres de ce collège sont des conseillers du Czar. Ils créent et organisent des Académies, des Universités ; ils dirigent aussi toutes les industries qui, de près ou de loin, contribuent au développement intellectueL' ; ils surveillent les écoles, qui, placées dans les cloîtres, ne nécessitent aucune dépense nouvelle. Ainsi pourront se répandre en Russie les « Sciences et les Arts ».
Qu^est-ce que les Sciences et les Arts? Il est très difficile de préciser ce que Leibniz entend par ces deux mots, qui, en