Lettre inédile à Morell, 1" octobre
« Je trouve tous les jours », dit Leibniz. « plus qu'on ne saurait croire, qu'il n'y a rien de si imprudent que Timpiété, et rien de si conforme à nos intérêts, encore ici-bas, que la piété véritable \ » Vraiment, en les individus, comme en la collectivité, c'est la recherche des fins supérieures qui produit et régénère sans cesse une matière intense et forte. On pourra redire alors, non plus comme un conseil mystique, mais à la façon d'une loi rigoureuse : « Cherchez le Royaume de Dieu et sa justice et toutes ces autres choses vous seront données par surcroît". » De même, une conquête de l'Egypte, des recherches linguistiques, des choses et des idées qui circulent d'un monde à l'autre, un pays qui se crée lui-même, se transfigurent soudain et préparent le Royaume de Dieu sur la terre.
Tout dualisme ici est synonyme de mort. Si nous enrichissons la « mission » vers FOrient de toutes les forces matérielles et morales qu'elle peut entraîner à sa suite, — alors seulement nous assurerons une « communication » de « lumières ^ » .
1. Lettre inédite a Morell, 1" octobre 1697. Fragm. donné par Guerrier, p. 27.
2. Matth. VI, 33. Cf. Gerhardt. Pliil. Schr., éd. cit., t. VII, p. 271 : hssai anagogique da^is la recherche des causes : « Aussi les découvertes utiles à la vie ne sont-elles bien souvent que des corollaires des lumières plus importantes ; et il est encore vrai ici que ceux qui cherchent le Royaume de Dieu trouvent le reste en leur chemin ». (Non souligné par Leibniz.)
3. Lettre inédite au général de Schulenburg, déjà citée, p. 103. Lettre du 16 août 1705, folio 73.