‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 107 sur 305 · Publiée par Gerhardt, Phil. Schr.. t. VI, p. 3, note · texte numérisé non relu

Publiée par Gerhardt, Phil. Schr.. t. VI, p. 3, note

3. Les nôtres, cest-à-dire membres de la Confession d'Augsbourg.

4. « Worauf ich ferner nicht nur viele Streitschriften der unsrigen und Reformirlen darùber zu lesen begierig gewesen. sondern nacb der Hand auch Iheils der .)esuiter und Arminianer, theils der Thomisten und Jansenisten Biicher zu Rath gezogen, hernach auf meinen Reisen mit viel vornehmen Theologis und andern, sonderlich dem berûhmten Arnaud, darùber conferiret. » (Gerhardt. Phil. Schr., éd. cit., t. VI, p. 3, note).

vidence de Dieu* », dès la seizième année, il s'est heurté à ces problèmes. Et ce ne fut pas une question qui un jour le posséda, puis le laissa indifférent, pour le reprendre enfin de façon maîtresse. Nous devinons un projet constant : « Je m'étais promis », dit-il, « d'écrire un jour une Théodicée, et d'y venger la bonté, la sagesse et la justice de Dieu, aussi bien que sa toute-puissance et son inévitable influence-. » Jusqu'ici, il est vrai, nous sommes en présence d'un rêve mystique, que l'on peut concevoir étranger à toute préoccupation pratique. Or, Leibniz ajoute : « Cette tâche serait mieux employée, si Dieu devait un jour me faire la grâce que de telles pensées (dont seuls de petits échantillons ont paru) fussent apportées heureusement à des conférences orales avec d'excellents esprits pour le gain des cœurs et la fondation de l'Unité des Eglises protestantes. Seulement les occasions commodes sont exigées'. »

Dix ans plus tard, en i710, fut publiée la Théodicée. Sans doute, en apparence, le Dictionnaire de Bayle et les élégantes conversations qu'il a provoquées à la cour de la reine de Prusse l'ont suscitée*. Mais, des circonstances accidentelles

1. Gerhardt, Phil. Schr., éd. cit., t. VI, p. 3, note : « Aus sondeibarer Schickung Gottes ». Lettre à Jablonski, précitée.

2. Id., Ibid. « Ich liatte mir einsmahls vorgenommen eine Ttieodicseam zu schreiben.iind darinnen Gottes Giitigiieit, Weisheit und Gereclitigkeit, so wohl als hôctiste Maclit und unverhinderliche Influenz zu vindiciren. »

3. Id., Ibid. « Es wird besser angewendet seyn, wenn mir Gott einsmahls die Gnade verleihen sollte. solche Gedanken (davon sie noch nur kleine Echantillons gesehen) hey mûndlicher Gonferentzmit vortrefflichen Leuten, zu Gewinniing der Gemiither und Befôrderung der Einigkeit der Protestirenden Kirchen, glùcklich anzubringen. Nurwerden bequeme Gelegenheiten dazu erfordert. »

4. Leibniz nous a instruits lui-môme sur la cause occasionnelle de la Théodicée, notamment dans une lettre à Th. Burnett, — lettre datée du 30 octobre 1710. « La plus grande partie de cet ouvrage, » écrit-il, « avait été faite par lambeaux, quand je me trouvais chez la feue reine de Prusse, où ces matières étaient souvent agitées, à l'occasion du Dictionnaire et

1>96 L KGLISF. UNIVERSELLE

il faut distinguer les causes profondes. En fait, Leibniz, dans sa Préface, reproduit av'ec sa véracité ordinaire' la même g-enèse-. Enfin, deux ans après l'apparition de l'œuvre, en 1712, il écrit : « Par la Thêodicée, j'ai tâché de contribuer à k réconciliation des esprits échauffés mal à propos. ^»

des autres ouvrages de M. Bayle, qu'on y lisait beaucoup... S. M. m'ordonnait assez souvent de mettre mes réponses par écrit .. Après la mort de cette grande princesse, j"ai rassemblé ces pièces... et j'en ai fait l'ouvrage dont je viens de parler, qui est un in-octavo... Comme j'ai médité sur celte matière depuis ma jeunesse, je prétends de l'avoir discutée à fond. » Non souligné par Leibniz (Gerhardt. Ph.il. Schr., éd. cit., t. III, p. 321). Dans la correspondance inédite avec F. von Dobrzensky on trouve un dialogue sur la liberté de l'homme et sur l'origine du mal, dialogue daté du "25 janvier 1695 et désigné par Leibniz comme « dialogue effectil ». Or, on découvre dans ce dialogue le schéma de la Thêodicée, ainsi qu'une profonde méditation sur l'infinité du néant : Cf. p. e.x : « A. Le Néant? Mais le Néant est-il inflni ? B. Il l'est sans doute. Il est infini, il est éternel; il a bien des attributs communs avec Dieu; il comprend une infinité de choses; car toutes celles qui ne sont point sont comprises dans le néant, et celles qui ne sont plus sont rentrées dans le néant. » F" 3.

1. Je dis : sa véracité ordinaire, quoique l'on soutienne généralement une opinion tout opposée. On verra plus loin combien cette théorie de l'insincérité de Leibniz est inexacte.

2. Cf. Gerhardt, Phil. Schr., éd. cit., t. VI. p. 38: « L'auteur de ce discours croit en avoir donné des preuves ici par l'application qu'il a apportée à cette matière. Il l'a méditée dès sa jeunesse...» Et cf. plus loin : « Il y a peut-être peu de personnes qui y aient travaillé plus que moi. A peine avais-je appris à entendre passablement les livres latins que j'eus la commodité de feuilleter dans une bibliothèque, j'y voltigeais de livre en livre, et comme les matières de méditation me plaisaient autant que les histoires et les fables, je fus charmé de l'ouvrage de Laurent Valla contre Boéce et de celui de Luther contre Erasme, quoique je visse bien qu'ils avaient besoin d'adoucissement. Je ne m'abstenais pas des livres de controverse, et entre autres écrits de cette nature, les Actes du colloque de Montbéliard... Je ne négligeais point les enseignements de nos théologiens ; et la lecture de leurs adversaires, bien loin de me troubler, servait à me confirmer dans les sentiments modérés des églises de la Confession d'Augsbourg. » [Id.. t. VI . p. 43.) — Pour la question du luthéranisme de Leibniz, voir plus loin pp. 3o3-36o et p. 499. — M. Kuno Fischer écrit : « Sein Glaubensbekenntnisz blieb lutherisch » (op. cit. p. 186). Limité à une « profession de foi », ce jugement est e.xact, encore que Leibniz n'eût pas admis qu'on le traitât de Luthérien (Cf. sur cette très intéressante question, ci-dessous p. 285, note 4 et p. 354, note 3), mais rien ne prouve que sa foi intime ait été rigoureusement « évangélique ». On verra plus loin combien il serait illégitime de vouloir enfermer la religion de Leibniz en une formule.

Page 1