Cf. Gerhardt, Phil. Schr., éd. cit., t. VII, p
3. Eckhart raconte que Leibniz avait beaucoup d'estime pour Thomasius : « Wie er nach Leipzig zuriickkam, bediente er sich vor andern...
l'unité religieuse, si Ton ne discernait en lui une s\^nthèse originelle de toutes les doctrines. En vérité, sa grande découverte, commencée jadis dans la Bibliothèque paternelle, achevée maintenant à FUniversité et par les lectures approfondies des années fécondes, fut celle de ce passé immense, qu'il rêva de condenser en soi, en y ajoutant \
A cette pénétrfition du passé contribuent les études de droit que Leibniz entreprend. Etudes non abstraites, mais vivifiées d'exemples : Leibniz, grâce à un ami, assesseur à la Cour de Leipzig, est accoutumé à la lecture des « actes » et initié à la procédure. « De bonne heure ainsi, dit-il, je m'insinuai dans l'intérieur même de cette science". « Nul doute que cet effort juridique, que l'on n'a pas encore scruté et décrit en toute son ampleur ^ n'ait, dès l'abord, précisé les idées proprement religieuses. Là comme ailleurs, Leibniz unit. Dès 1664 il essa3'e de démêler les rapports nécessaires de la philosophie et du droit. En dernière analyse, affirme-t-il, toute question juridique est insoluble sans la philosophie. Mais une union supérieure est pressentie ; les créateurs de la jurisprudence étaient les grands-prêtres de la Sagesse. 11 faut la connaissance des choses divines et humaines pour élaborer
Thomasii institution, und kiinte er auch im Aller denselben nicht genug rûhmen, und hat er mir oft gesagt, wenn dieser Mann zu unsern Zeiten gelebt und die neuen decouverten gesehen hiitle, so wûrde seines gleichen nicht gewesen seyn. » (Eckhart, op. cit., p. 133.)
1. « ...J'ai tâché de déterrer et de réunir la vérité ensevelie et dissipée sous les opinions des diCférentes sectes des philosophes, et je crois y avoir ajouté quelque chose du mien pour faire quelques pas en avant. » (Gerhardt, Phil. Schi'., éd. cit., t. III. p. 606. Lettre à Remond, 10 janvier 1714.)
2. Guhrauer. biog. cit., t. I", p. 31 : o So drang ich fridizeitig in das Innere dieser Wissenschaft ein. »
3. Il y aurait un livre très considérable à consacrer à Leibniz juriste. La plus grande partie des œuvres juridiques est encore inédite. M. G. Moilat a publié des fragments de première valeur. Millheilungen aus Leibnizens ungedvucklen Schriftev, Leipzig, Ib'JS, déj. cite.
les règles du juste et de l'injuste'. Deux ans plus tard, en 16G6, Leibniz déclare que la gloire de Dieu doit être la norme de tout droit". D'ailleurs, de très étroites similitudes sont concevables entre le droit et la théologie. Dans la théologie est contenue une sorte de jurisprudence spéciale. Et la discipline ecclésiastique peut être rattachée à une véritable doctrine du droit public. Les Infidèles sont assimilables à des rebelles, l'Excommunication au bannissement, l'Ecriture Sainte aux lois et à leur interprétation, les Canons aux lois authentiques^.
Théorie bien schématique encore et superficielle; mais, si telle fut la première jeunesse de Leibniz, toutes les circonstances qui d'ordinaire annoncent l'avenir d'un esprit témoigneront ici de leur impuissance. Aucune institution officielle ne semble s'être emparée de lui. Qu'importe qu'il ait suivi les cours de l'Université de Leipzig, et cherché ensuite un enseignement meilleur à léna'? La vie livresque de l'étudiant n'a en rien préparé une religion vivante, politique, active dès les premières heures. Alors que Leibniz cesse d'être un étudiant, sa vraie existence commence. Sa constante avidité d'indépendance s'accroît en impatience révolutionnaire. A vingt ans, il se sépare définitivement de son « milieu ». L'Université de Leipzig le refuse au doctorat. A quoi bon s'obstiner, pense-t-il? Que lui sert cette Université ? « La connaissance de l'Étranger m'attirait de loin;... car depuis longtemps déjà brûlait mon esprit d'atteindre à une plus grande gloire... et à une plus haute science ^ »