Erdmannsdôrffer, ouv. cité, p
lieu. Vraiment, à cette Cour de Hanovre, TEglise romaine, l'Eglise évangélique et les sectes intermédiaires se condensaient, prêtes à se comprendre théoriquement les unes les autres.
Dans tout le monde germanique s'était échafaudé un vaste projet d'union, que sans le secours d'un document rédigé par l'évêque Spinola et recopié par Leibniz il serait malaisé de déterminer \ Ce projet semble s'inaugurer en 1661. A l'origine, la négociation paraît être dirigée par l'Electeur de Brandebourg. Frédéric-Guillaume, vers 1662 et 1663, essaye d'unir en ses Etats les Evangéliques et les Réformés. En 1664, il rédige un édit punissant sévèrement les haines des deux partis ^ . Or, comme on connaît les sentiments hostiles de TElecteur à l'égard des Catholiques, la pleine permission qu'il donna à l'Évêque Spinola de traiter de la pacification religieuse avec les princes allemands rectifie de façon importante les jugements sur la première politique prussienne. D'ailleurs, dès 1662, quelques princes protestants se rapprochent de l'Allemagne catholique et négocient avec l'Electeur de Mayence ^ L'amitié de Jean-Frédéric et de Boineburg, les rapports naissants de Leibniz, conseiller de cour à Mayence, avec un duc de Hanovre, sont les signes d'un effort vers l'union du Nord et du Sud de l'Allemagne. Dès lors, la conversion de Jean Frédéric apparaît comme un événement des plus graves. Philippe IV d'Espagne promet « l'intervention de toute sa puissance * ». Mais en 1674 seulement, le cardinal Albritius, nonce à Vienne, procure la « mission impériale ».