Cf. 1" partie, ch. m
doit manifester comme la préformation et le modèle d'une Europe future ; et tous les abus, si par malheur elle les souffre, ne détruisent pas seulement sa force théorique, mais son prolongement corporel : l'Europe.
Comment ne pas chercher à maintenir parmi les Etats une nation plus étroitement chrétienne que toute aulre, condensant en elle le pouvoir et la pureté mystiques? Au temps de Charlemagnecet « Empire privilégié » était dit : « Celui qui garde le peuple romain contre les Barbares et les Infidèles ^ » Gharlemogne a juré d'être le protecteur de l'Eglise, serment qu'a renouvelé Othon l"'. La mission des Empereurs est de « conduire les hommes à la vraie béatitude ^ ».
L'Eglise n'est pas dans la République, mais la République est dans l'Eglise, que Jésus a voulu créer une '. Toute domination doit être réductible à l'amour", puisque la fin de l'autorité est la béatitude des sujets. Les princes deviennent seulement des intermédiaires temporels propres à hâter cette béatitude. Etat idéal que, le plus souvent, ni l'Eglise ni l'Empire ne savent produire en la dure matière : le diable tenta le Christ d'une vraie gloire et réclama l'adoration. Tentation sans cesse renouvelée parmi les Chrétiens, quand l'Eglise acquiert de nouvelles richesses, poursuit des problèmes vains, excommunie avec pharisaïsme , et quand le
\. Kloitp, éd. cit., t. I", p. 151. tcrit entre 1668 et 1670. « Detînitio Imperatoris Komani terapore Garoli Magni : qui populuni Romanum Italiamque contra Barbares et Infidèles tuetur; ideoenim Carolus Imperator appellatus est. »
2. Id., t. I", p. 152. Gharlemagne a été dit Très Chrétien au Concile de Mayence (><13) ; « il n'importe, s'il était Gaulois ou Germain » « Germanus an Gallus fuerit nil refert ».
3. Id., t. I«^ p. 152 : « Imperatoris est ad beatitudinem veram homines ducere. »