Cf. plus loin la théorie de l'obéissance ecclésiastique
Pape s'arroge un pouvoir sur toutes les choses de ce monde *. Le vrai Pape, conscient de sa mission, serait un « Père commun- ». Et le gallicanisme viole peut-être d'une manière plus grave que la Réforme protestante l'unité religieuse. On ne saurait approuver cette assemblée des députés du clergé, « gens entièrement dépendants... de la Cour, qui entreprennent de décider hardiment les plus grandes questions de l'infaillibilité du Pape et de la supériorité du concile, et tout cela, sans cause et sans besoin ^ . . » , Les Protestants eux-mêmes blâment un pareil esprit de révolte. Lorsque, le pape Innocent XI condamnant les casuistes, la Cour fait défendre la publication de la censure'; qui, parmi les Catholiques elles Protestants sincères, ne s'indignerait de l'arrogance française? L'insubordination de ces Evêques français procède plus « de l'esprit de la cour que de l'esprit de lEgiise' ». D'ailleurs, quand un Roi Très Chrétien se maintient l'aUié secret delà Turquie*, écrase l'Empereur et outrage le Pape à l'heure même où une lutte décisive est tentée contre le Mahomélisme, les liens du Christianisme ne sont-ils pas plus que jamais détruits et ne devraient-ils pas être tout à coup et violemment ressaissis ? 11 fut plaisant de voir des Protestants prendre la défense du Pape contre le parti de Rome et contre les Jésuites %
i. Klopp, éd. cit., t. I", pp. Io4-loo.
2. F. de Carcil, éd. cit., t. III, pp. 107 et l où. Remarques sur un manifeste français.