Id., pp. 444-5. Môme Extrait
4. Id., t. l", pp. 480-81 : « Réponse de Leibniz au Mémoire de l'abbé Pirot. »
5. M. Harnaclc, dans la Préface de son Précis de l'Histoire des Dogmes, Irad. française — Paris, 189.ï, p. IX. Introduction, — a insisté sur les raisons politiques qui firent développer les dogmes de Trente.
celte prétendue nécessité d'une réception officielle? En quoi les droits de l'Etat s'étendent-ils jusqu'aux décisions du salut? D'ailleurs, s'il fallait une assemblée pour accepter un concile, « il n'y a pas moins de raison de n'en demander pas encore une autre pour accepter celle-là: et ainsi, de formalité en formalité... on irait jusqu'à l'infinie » Tout cela fait partie de l'histoire particulière du Concile de Trente ; mais quel rapport avec l'essentielle autorité de ce Concile, c'est-àdire avec ce seul problème : Le Concile est-il « écrit dans le cœur de tous les Catholiques et dans la croyance publique de toute l'Eglise » ? ■ Leibniz objectait que toute l'Eglise n'avait pas été représentée. Mais « le nombre ne fait rien, quand le consentement est notoire'^ ». Il y avait peu d'évèques d'Occident au Concile de Xicée ; il n'y en avait aucun au Concile de Constantinople. On peut remonter plus haut encore : Paul de Samosate est condamné par un concile particulier, tenu à Antioche ; (( mais, parce que le décret en est adressé à tous les évoques du monde, et qu'il en a été reçu (car c'est là qu'est toute la force...), ce décret est inébranlable ' ». Donc, nulle assemblée ; consentement notoire ; nul acte officiel : voilà une condamnation sans appel et sans retour". « Ou l'Eglise consent, ou non : c'est ce qu'on ne peut ignorer, c'est d'où tout dépend » ^
Pourtant tous ces exemples sont peu solides. L'Eglise alors n'était pas bouleversée par de vrais schismes. Mais, lorsque
1. F. de Careil, éd. cit., t. I", p. 493. Lettre de Bossuet à Leibniz. Entre juin et octobre 1693.