Id., t. 1", p. 471. Môme Réponse
5. Ellies du Pin, Bibliothèque des auteurs ecclésiasliques du XV II" siècle. t. II, p. 161.
336 l'église universelle
On ne peut accuser absolument l'Eglise romaine d'avoir prémédité une majorité italienne. Par sa bulle promulguée le 29 juillet 1542, Paul 111 avait demandé aux évêques de tous les pays et aussi aux rois de se rendre au Concile ; et même, avait-il ajouté, cette demande s'adresse particulièrement à l'Allemagne, puisque le Concile est surtout convoqué pour elle'. Mais, cette impartialité initiale fut bientôt remplacée par un continuel désir d'obtenir une majorité italienne et, en définitive, pontificale. Dès que fut arrivé le Cardinal de Lorraine, Pie IV effrayé envoya chaque jour de nouveaux prélats italiens '. Lors des dernières sessions, il y eut cent cinquante représentants italiens et, en face d'eux, soixante-six évêques, quelques cardinaux et ambassadeurs ecclésiastiques des autres nations ^. Au-dessous des décisions évidentes se cachaient des luttes chaque jour plus fortes entre tels évêques, soucieux des franchises ecclésiastiques, et tels autres, préparateurs de la suprématie pontificale. Contrairement aux usages des anciens Conciles, le pape imposait souvent un programme au Concile '', et le vote par nation fut remplacé par le vote par tête^
Dès lors, l'ignorance des ambitions nordiques devenait inévitable. Lorsque Lansac, ambassadeur de France, réclamait que le Concile fût entièrement libre et que le Souverain Pontife n'en pût modifier les décrets * ; de même, lorsque un autre Français, Guidon Fabre, demandait qu'on appelât la
1. Maynier, Étude historique sur le Concile de Trente. Paris, 1874, in-8», p. 166.
2. Albert Desjardins ap. Revue Critique de Législation et de jurisprudence, t. XXXVII 1870, p. 13. La liberté des Pères au Concile de Trente.