‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 232 sur 305 · Bossuet, Traité de la Concupiscence, ch. w · texte numérisé non relu

Bossuet, Traité de la Concupiscence, ch. w

l'obstacle 391

cience de notre misère, puisque « Thomme étant devenu

pécheur en se cherchant soi-même, est devenu malheureux en se trouvant '■ ». Mais à quoi conduit toute cette effrayante paraphrase des paroles de saint Jean : « N'aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde : parce que tout ce qui est dans le monde est concupiscence de la chair et concupiscence des veux, et oro-ucil de la vie- ? » Y a-t-il un abîme entre ces fureurs de la chair, dont nos tendresses prétendues si pures ne sont que la pâture affmée', et nos pensées, en qui nous croyons atteindre l'essence même de notre âme? C'est mal connaître notre histoire, répond Bossuet. Est-ce que les ambitions, les cabales, les brigues, les pactes simoniaques, n'ont pas souillé quelquefois les élections, même religieuses? Profondément, il rattache avec saint Paul toutes nos violences : •sectes, schismes, hérésies, à la fureur de la chair. Malheur donc, malheur à la terre' ! Enfin, la concupiscence n'éclatet-elle pas dans l'esprit du philosophe, qui lui aussi s'aime soi-même plus que Dieu et devient une source de superbe^ ? La doctrine du Traité de la Concupiscence ne se conforme pas à la pensée totale de Bossuet. Mais peut-être traduit-elle exactement le Christianisme absolu qui se substituait do plus en plus dans son œuvre à une curiosité jadis parfois accueillante. De cette curiosité d'autrefois Leibniz, d'ailleurs, se iwuvait-il en rien satisfaire? En 1692, Bossuet, demandant à être initié à la métaphysique leibnizienne, ajoutait : « Je suis assez indifférent sur ces matières* », et assimilait la

Page 1