‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 233 sur 305 · F. de Careil, éd. cit., t. I", p · texte numérisé non relu

F. de Careil, éd. cit., t. I", p

philosophie à une recherche toule laïque et profane. Le chrétien spiritualiste était psychologue mécaniste. Quoi de moins leibnizien que le Traité du Libre- Arbitre, où Bossuet soutenait que, si Dieu veut le meilleur, « ce n'est pas qu'il y ait un mieux dans les choses qui précède en quelque sorte sa volonté et qui Taltire, mais c'est que tout ce qu'il veut par là devient le meilleur, à cause que sa volonté est cause de tout le bien et de tout le mieux qui se trouvent dans la nature * ».

Ce volontarisme chez Bossuet n'était d'ailleurs nullement arbitraire et se fondait en définitive sur le Christianisme. « Vous ne produisez nécessairement que ce qui vous est égal : vous produisez tout le reste par pure bonté '. » Une telle métaphysique, tantôt cartésienne, tantôt purement chrétienne, ne se pouvait nullement harmoniser avec la philosophie leibnizienne. Mais de cela il n'y aurait pas grande conséquence, puisque on trouverait tout aussi bien, soit dans les écrits mystiques, soit dans les sermons, telles doctrines où les points de vue eussent pu se mêler. Lorsque Bossuet, par exemple, déclare que « si la peine est un mal, ce n'est qu'à l'égard du particuher, mais « que c'est » un très grand bien à l'égard de Tordre commun ' », il parvient par le pur approfondissement du Christianisme à formuler une doctrine que n'eût point réprouvée l'auteur de la Théodicée.

Tous les rapprochements par voie d'analyse nous instruisent donc imparfaitement. Mais, si l'on s'eflbrce de faire vivre en soi-même, un instant, les deux méthodes, on s'aperçoit que la divergence doit être cherchée plus avant. Pour Bos-

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