‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 237 sur 305 · Revue de Métaphys., Dialogue cité, numéro cité, p · texte numérisé non relu

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tout dans le culte public ; de sorte que les créatures n'y devraient presque point paraître qu'indirectement et comme en passant' ? »

Cette fausse adoration réagit sur le culte de Dieu même, par exemple sur le mode d'adoration eucharistique de certains Catholiques. Peu importe si par l'Eucharistie s'ofîi'c ou non le corps de Jésus. De toute façon, l'adoration doit se terminer en Jésus-Christ" ; et même Dieu ne doit pas être adoré « en tant qu'il a pris la nature humaine, mais plutôt à l'égard de l'essence divine, qui est seule toute parfaite^ ». En tout cas, Jésus-Christ ne serait adorable que d'un point de vue métaphysique, puisque en l'Incarnation est contenu le complément suprême de Dieu '. Sans doute les Catholiques véritables enseignent, qu'il faut prolonger l'adoration à Dieu même. Mais, quand ils autorisent des dévolions toutes sensibles, ils diminuent l'adoration « en esprit et en vérité », qui seule conduit à Dieu. Ne vont-ils pas jusqu'à favoriser l'adoration personnelle de rEs{)rit Saint ? Nul doute que le culte des Saints n'ait en toutes ces choses atteint et déformé le culte dû à Dieu. Quand on voit se multiplier les scapulaires, les rosaires, on conclut que le culte des Saints, non seulement favorise les superstitions, mais hâte l'athéisme, entretient en définitive le schisme, provoque le scandale des Infidèles et la perte de l'Orient.

Leibniz d'ailleurs ne rejette pas, avec la rigueur de certains

1. F. de Careil,éd. cit., t. II, pp. 87-88. Lettre de Leibniz à M"" de Brinon, lS/28 février 1G95.

2. Inédits, Théologie, vol. 11. 4. Autogr. daté d'octobre 1677 « Demonstratio hosliam non esseadorandam » {Titre ajouté).

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